Samedi 15 décembre 2018

Paris Photo

Abonnée au succès

Par Olivier Michelon · Le Journal des Arts

Le 21 novembre 2003 - 481 mots

Mises à l’honneur cette année, les galeries mexicaines ont déçu.

 Paris - Paris Photo ne faillit pas à sa réputation. Pour le septième vernissage du salon parisien – qui s’est déroulé du 13 au 16 novembre au Carrousel du Louvre –, la foule comme les œuvres étaient au rendez-vous. Dans le domaine de la photographie ancienne, les raretés étaient fréquentes. Chez Françoise et Alain Paviot (Paris), au sein d’un accrochage VIP (Very Important Photographers), se détachait un tirage d’époque (1901) d’Atget, Grille du marchand de vin du 3 rue de l’Arbalète. Chez Michael Hoppen (Cologne), un lot de 63 portraits photographiques pris aux alentours de 1900 par la police new-yorkaise selon les méthodes de Bertillon était proposé pour 15 000 euros. Avec son odeur d’archive, l’ensemble a rapidement trouvé amateur. Sur le même stand, deux essais pour le film Culte vaudou (1936) de Maurice Tabard surprenaient par leurs virages orange et bleu et un prix affiché de 25 000 euros pièce. Dans le domaine contemporain, la galerie Clairfontaine (Luxembourg) se faisait remarquer avec une sélection éclectique comprenant deux épreuves d’artiste de Stéphane Couturier (7 500 euros chacune) ou un collage de Polaroid de David Hockney (Gregory Loading his Camera, 1981), une pièce unique affichée à 21 000 euros. Comme à l’habitude, les galeries allemandes étaient venues en nombre montrer les jeunes pousses d’une école qui n’en finit pas d’essaimer, à l’image de la galerie Martin Kudlek (Cologne) qui faisait la part belle aux paysages balnéaires de Götz Diergarten. Emprunt d’« ostalgie » (nostalgie de l’Allemagne de l’Est) sixties, les clichés de l’artiste né en 1972 et passé par l’atelier des Becher étaient vendus à 2 100 euros pièce (tirage à 5 exemplaires). Côté français, parmi les rares stands à tenter le one-man-show, la galerie Ludovic de Wavrin (Paris) exposait un large aperçu du travail de Philippe Terrier-Hermann.
Attendu, le secteur « Statement » consacré à la jeune scène mexicaine a déçu, à l’exception des images « zen » d’Yoshua Okon (galerie Enrique Guerrero, Mexico), pour lesquelles l’artiste a saisi des policiers en position du lotus. Les aficionados pouvaient se consoler avec les valeurs « historiques », Manuel Alvárez Bravo chez Agathe Gaillard (Paris) (des tirages de 1990 signés pour 5 000 euros) ou les images « trash » d’Enrique Metinides (Photographer’s Gallery, Londres), qui ont quitté les pages des tabloïds pour s’afficher sur les cimaises à 1 800 euros. Mises à l’honneur en 2001, les galeries hollandaises continuent, elles, de surprendre. En plein « revival punk », Serieuze Zaken (Amsterdam) offrait dans une fourchette de 850 à 1 100 euros des tirages de Max Natkiel millésimés 1977-1983, documentant la jeunesse rebelle de cette époque. Le Batave tirait aussi son épingle (à nourrice) du jeu avec une photographie de groupe très « new wave » signée en 1983 par Rineke Dijkstra, encore étudiante des Beaux-Arts. À 10 500 euros tout de même.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°181 du 21 novembre 2003, avec le titre suivant : Abonnée au succès

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