Jeudi 19 septembre 2019

L’Italie conteste la dégradation de sa note par les agences de notation en mettant en avant son patrimoine historique

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 10 février 2014 - 292 mots

ROME (ITALIE) [10.02.14] – Alors que l’agence de notation Standard & Poors avait baissé la note de l’Italie en 2011 de A à A, cette dernière s’insurge aujourd’hui de l’absence de prise en compte de son patrimoine culturel dans la notation. La Cour des Comptes italienne menace l’agence de lui réclamer 234 milliards d’euros de dommages et intérêts.

La décision de Standard & Poors en 2011 avait entraîné une hausse des taux d’intérêt supportés par l’Italie pour emprunter sur les marchés financiers. La Cour des Comptes estime que la dégradation de la note italienne n’est pas fondée en raison de la richesse incontestée du pays en matière d’art et d’histoire.

Les agences tiennent pourtant seulement compte de l’actif économique d’un pays dans le calcul de la soutenabilité de la dette. Or le patrimoine culturel italien est inaliénable, et ne peut constituer une ressource pour combler la dette étatique. Ici se pose donc la question de savoir si une estimation de tous les biens culturels italiens aurait dû être faite par les agences de notation afin d’attribuer une note… ce qui est invraisemblable !

L’Italie avance également que son patrimoine lui ramène beaucoup de touristes, et donc des recettes qui ne sont pas prises en considération par les agences.

La Corte dei conti doit communiquer une enquête plus large le 18 février, qui concernerait également Moody’s et Fitch. Un porte-parole de cette dernière a réagi en déclarant que « si les préoccupations du juge sont compréhensibles, nous pensons que Fitch a toujours agi de manière appropriée et en parfaire application du droit. »

Si les plaintes sont récurrentes envers les agences de notation, l’argument du patrimoine culturel n’avait encore jamais été avancé pour contester une décision de dégradation de la note d’un Etat.

Légende photo

Le Jugement Dernier (1541) de Michel-Ange (1475-1564) - Chapelle Sixtine - Musées du Vatican - Rome - Italie - Source Wikimedia

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque