Vendredi 6 décembre 2019

L’ex-propriétaire d’un tapis persan attaque un auctioneer pour mauvaise estimation

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 9 décembre 2011 - 309 mots

AUGSBOURG (ALLEMAGNE) [09.12.11] – L’ex-propriétaire d’un tapis persan a porté plainte contre l’auctioneer qui l’avait évalué. Estimé à 900 euros, adjugé pour 19 000, le tapis datant du XVIIe siècle a été revendu l’an dernier 7,2 millions d’euros par Christie’s.

« Si j’avais su qu’il s’agissait d’un tel tapis, je l’aurais refusé », affirme le commissaire-priseur. L’homme est aujourd’hui accusé d’avoir failli à sa mission de conseil, en estimant un tapis persan de grande valeur à seulement 900 euros. Lors de la vente aux enchères, à Augsbourg, l’objet atteint rapidement les 19 000 euros, pour le bonheur de sa propriétaire : le tapis de 3,38 m sur 1,53 m était devenu trop encombrant pour le petit appartement qu’elle occupait alors.

Son bonheur est cependant de courte durée. Quelques mois plus tard, ce même tapis est revendu à Londres par Christie’s. Le tapis est persan, il date du XVIIe siècle et a appartenu à la comtesse de Béhague (1870-1939), connue pour sa collection d’art iranien. L’objet atteint le prix record de 7,2 millions d’euros. L’ancienne propriétaire se sent flouée, comment l’expert allemand a-t-il pu passer à côté de cet objet exceptionnel ? Elle lui réclame 350 000 euros de dommages et intérêts, soit la valeur estimée par Christie’s avant la vente de 2010.

Au terme de négociations menées mercredi au tribunal d’Augsbourg, la plaignante a finalement déclaré accepter un dédommagement de 100 000 euros. Un accord à l’amiable que l’expert refuse. L’accusé estime n’être coupable de rien. En tant qu’auctioneer « généraliste », il dit s’être entouré de plusieurs experts pour estimer le tapis. Aucun d’entre eux n’avait alors réussi à identifier sa provenance exacte. La plaignante lui reproche d’avoir travaillé trop rapidement, « en quelques secondes ». Un jugement sera rendu le 27 janvier prochain, à moins que les deux parties ne trouvent un terrain d’entente avant cette date.

Légende photo

Détail du Tapis de Mantes, représentant des scènes de chasse, 783 x 379 cm, laine, Iran, XVIe siècle. Ce tapis ornait le sol de l'église collégiale de Mantes-la-Jolie (Yvelines), qui lui a donné son nom. Acquis par Le Louvre en 1912, il se trouve désormais au département des Arts de l'Islam, aile Richelieu, salle 11 - Photo Jastrow - 2005

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