Mercredi 8 juillet 2020

Les grandes ventes de Londres affichent une santé insolente

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 16 février 2012 - 429 mots

LONDRES (ROYAUME-UNI) [16.02.12] - Alors que le PIB britannique a baissé de 0,2 % au dernier trimestre 2011, les grandes ventes d’art contemporain de Christie’s et Sotheby’s Londres de février ont progressé de 24 % d’une année sur l’autre. En vedette : Francis Bacon et Gerhard Richter. PAR JEAN-CHRISTOPHE CASTELAIN

Avec la finance et les ventes aux enchères d’art, l’économie britannique peut compter sur deux moteurs bien utiles quand la production industrielle fait des ratés (baisse de 1,2 % au quatrième trimestre). En deux sessions du soir, les ventes d’art contemporain de Londres ont progressé de 24 %, faisant suite à des ventes d’art impressionniste et moderne elles-mêmes en pleine forme.

Le produit total des ventes (frais compris, comme pour tous les montants indiqués dans cet article) se monte à 131,2 millions de livres. Ce n’est pas encore le pic de 2008 (168 millions de livres), mais ce bon résultat est le plus haut depuis les vacations calamiteuses de février 2009 (26 millions de livres). On était alors en pleine tourmente financière.

Très confiantes, les deux maisons de ventes ont mis sur le marché 128 lots, soit plus qu’en 2008, et ont réussi à ne repartir qu’avec 10 % d’invendus, confirmant à la fois l’appétence des collectionneurs et le bon travail de préparation de leurs experts. Comme l’an dernier, Christie’s Londres ressort vainqueur de sa compétition avec Sotheby’s. Même sans le Portrait d’Henrietta Moraes peint par Francis Bacon (1963) parti à 21,3 millions de livres au terme d’une bataille entre 6 enchérisseurs, elle l’emporte sur sa rivale (59,2 millions de livres contre 50,6 millions de livres).

Quand Sotheby’s proposait 3 tableaux de Gerhard Richter produits entre 1981 et 1992 et vendu chacun autour de 4 millions de livres, Christie’s mettait en vente une abstraction plus récente (1994) du peintre allemand, partie au double (9,87 millions de livres) de son estimation basse. Sotheby’s comptait beaucoup sur un tableau de Jean-Michel Basquiat (Orange Sports Figure) qui est finalement parti un peu en dessous (4 millions de livres) de son estimation haute (4,5 millions de livres, frais compris). L’école française était représentée par Nicolas de Staël (Agrigente, vendu 5,3 millions de livres chez Christie’s) et Yves Klein (1,7 millions de livres pour ANT 40 chez Christie’s et 0,9 million de livres pour ANT 59 chez Sotheby’s).

Prochain rendez-vous important, les ventes d’art impressionniste et moderne de New York en mai 2012. En 2011, les vacations de mai avaient totalisé la contrevaleur en livres de 351 millions. New York aura à cœur d’effacer les résultats moyens de ses ventes de maîtres anciens en février.

Légende photo

Portrait de Henrietta Moraes (1963) - Francis Bacon (1909-1992) - Huile sur toile - 165 x 142 cm - © photo Christie's

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