Dimanche 17 février 2019

Le procès des centaines de faux « César » s’ouvre à Grasse

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 1 décembre 2009 - 327 mots

GRASSE [01.12.09] – Le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes) doit juger une affaire portant sur des centaines de fausses œuvres de César, dont des compressions et des dessins. Dix accusés se retrouvent dans le box, dont des faussaires « concurrents » .

Le Pouce de CésarParis - La Défense

Eric Piedoie, dit « Le Tiec » , qui comparaît devant le tribunal correctionnel de Grasse depuis le 30 novembre, est accusé d’avoir exécuté des centaines de contrefaçons de César, pour l’essentiel des compressions et des dessins. Selon Nice Matin, il aurait écoulé ces faux entre 1998 et 2001, après la mort de l’artiste. Son « atelier » était en concurrence avec l’atelier d’un autre faussaire, Jean-Charles Villa, qui comparaît également.

L’enquête de police a mis à jour une véritable « usine » dans un garage de Grasse. Les faux Césars étaient écoulés depuis la Côte d’Azur jusque dans des galeries parisiennes. Le procès va devoir mettre en lumière la responsabilité de chacun des accusés, des faussaires qui oeuvraient en famille, jusqu’aux galeristes qui mettaient en vente les œuvres, en passant par les intermédiaires.

Les faux bénéficiaient d’une technique artisanale astucieuse : selon Libération, Christian Marin, le gendre d’un ami photographe de César, a admis avoir fabriqué trois tampons de l’empreinte du pouce de l’artiste. Ces tampons étaient apposés sur les œuvres contrefaites, leur conférant ainsi une apparence d’authenticité.

Si Eric Piedoie a mis en cause plusieurs galeristes et marchands d’art pendant ses auditions, il s’est rétracté depuis, et seuls deux galeristes figurent dans le box, accusés de recel, complicité de contrefaçons ou d’escroquerie. Une quarantaine de faux ont été retrouvés chez eux, sans tous les papiers attestant de leurs provenances. Ils se défendent en disant avoir demandé leurs avis à la dernière compagne de l’artiste, Stéphanie Busutil, et à la rédactrice du catalogue raisonné de l’œuvre de César, Denyse Durand-Ruel.

Stéphanie Busutil s’est portée partie civile dans l’affaire, ainsi qu’Alain-Dominique Perrin, président de la Fondation Cartier et exécuteur testamentaire de César, qui a acheté deux fausses compressions sorties des ateliers des faussaires accusés.

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