Mercredi 12 décembre 2018

L’Artist Pension Trust fusionne avec MutualArt.com

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 7 décembre 2016 - 599 mots

MONDE [07.12.16] – Quatre mois après avoir opéré son premier versement de dividendes, l’Artist Pension Trust (APT), un fonds de pension d’artistes, a annoncé sa fusion avec le site fournisseur de données du marché de l’art MutualArt. Mark Sebba, ex P.D-G de Net-a-porter, devient président du nouveau groupe.

The Artist Pension Trust (APT), le fonds de pension mutualisé pour les artistes, a fusionné avec MutualArt.com, un site fournisseur de données dans l’art, rapporte The Financial Times. Moti Schniberg, l’entrepreneur israélien qui a cofondé APT (en 2004) et MutualArt (en 2007), se retire de la présidence des deux sociétés et laisse sa place à Mark Sebba, P.D-G du groupe textile Net-a-Porter pendant 11 ans et membre du conseil d’administration du Musée Victoria & Albert de Londres. « Le projet n’est pas de devenir une énième plateforme de vente en ligne », a assuré Al Brenner, le directeur général du groupe MutualArt né de la fusion. Il s’agit de faciliter la vente des quelques 13 000 œuvres (de 2 000 artistes répartis dans 75 pays) que compte désormais la « collection » de l’APT. La base de 500 000 membres annoncés de MutualArt, majoritairement des collectionneurs ou professionnels du monde de l’art, est un fichier client appréciable.

L’Artist Pension Trust a été créé en 2004 à New York pour assurer une « sécurité financière sur le long terme aux artistes ». Le principe est le suivant : une fois sélectionné par l’équipe internationale de curateurs, l’artiste candidat doit fournir au trust 20 œuvres sur une période de 20 ans (deux œuvres par an les cinq premières années, une œuvre par an pour les cinq années suivantes, et une œuvre tous les deux ans pour les dix années restantes). Le trust se charge de vendre les œuvres au moment qu’il juge le plus opportun sur le marché afin d’optimiser le retour sur investissement. A ce titre, le trust active, à l’aide notamment de sa filiale « à but non lucratif » APT Insitute, tous les leviers du marché pour faire monter la cote : organisations d’expositions, publications, prêts pour des expositions dans des musées ou galeries, et placement d’artistes en résidences.

Une fois les œuvres vendues, la logique mutualiste de la structure prend son sens avec la répartition des profits parmi les membres du trust. Cette répartition obéit toutefois à une hiérarchie : l’artiste dont le travail est vendu touche 40 % des gains, les autres artistes adhérents se partagent 32% de cette somme (le partage est opéré au prorata des œuvres fournies par chaque artiste), et le trust récupère 28 % pour ses frais de fonctionnement.

Si APT a su assoir sa légitimité grâce à un certain nombre de personnalités influentes qui ont rejoint l’équipe curatoriale (Hans Ulrich Obrist [désormais inactif], David A. Ross, Elena Foster ou John Baldessari), il s’est aussi attiré un flot de critiques. Son système pyramidal a par exemple été assimilé au montage du financier Madoff. En France, seuls 20 artistes figurent parmi les adhérents répertoriés sur le site, parmi lesquels Lili Reynaud-Dewar, Sophie Bueno-Boutellier ou encore Dominique Blais.

Outre les représentants du trust disséminés partout dans le monde pour assurer la relation avec les artistes, APT a des bureaux à New York, à Los Angeles, à Londres, à Leipzig, à Mumbai, à Hong Kong, à Shanghai, à Mexico City et à Amman. En juillet dernier, le trust avait annoncé procéder aux premières distributions de « dividendes » après avoir récolté 452 085 dollars de la vente de certaines œuvres. Plus de 400 artistes avait ainsi touché des montants allant de 200 dollars à 1 700 dollars.

Légende photo

Logos de l'Artist Pension Trust (ATP) et de Mutual Art (MA)

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