Mercredi 19 janvier 2022

La vente aux enchères de l’immatériel du Palais de Tokyo totalise 88 000 euros

Par Anouk Rijpma · lejournaldesarts.fr

Le 17 octobre 2012 - 690 mots

PARIS [17.10.12] – Lundi soir, le Palais de Tokyo a mis aux enchères 25 lots immatériels d’artistes réputés, d’horizons divers. La vente – animée par le commissaire-priseur américain Brook Hazelton en remplacement de Simon de Pury - a rapporté la somme de 88 000 euros. Laquelle servira au bénéfice de l’institution culturelle parisienne.

Passée l’étape du cocktail dégusté en petit comité, les collectionneurs prennent place dans l’assemblée tandis que les curieux tentent de se frayer une place à l’arrière ou de côté. A la tribune, quelques instants plus tard, le milliardaire Jacques-Antoine Granjon - fondateur de vente-privee.com – prend place, puis donne le la : « L’art ne doit pas être marchand » clame-t-il, avant de souligner non sans une pointe d’ironie à l’adresse des collectionneurs qui lui font face : « Pas de crainte d’ISF sur votre futur lot ». Quelques sourires esquissés et regards complices échangés, puis le jeune fortuné conclut dans un dernier élan de persuasion : « En achetant un lot, vous rentrez dans un monde de corsaire, vous faites un geste de flibustier. »

Le commissaire-priseur américain Brook Hazelton lui emboîte alors le pas. Son marteau brandi vers le ciel, s’adressant aux potentiels acheteurs, il entame : « Ladies & gentlemen, bienvenue à la vente aux enchères de l’immatériel », sans omettre d’excuser l’absence de Simon de Pury initialement désigné pour animer les enchères.

La visite inédite des réserves de la fondation Bergé - hébergeant 40 années de collection du couturier Yves Saint Laurent – ouvre le bal. Laquelle trouve preneur en deux minutes à peine pour la somme de 3 000 euros. La ballade romantique vénitienne au clair de lune proposée par le directeur du Palazzo Grassi - Martin Bethenod - s’acquiert dans la foulée pour 4 500 euros.

Puis, « pour les fans de cinéma », deux lots s’enchaînent. Si « avec Christian Boltanski, vous aurez la chance d’être filmé dans son atelier 24h durant », renchérit Hazelton, « avec Elie Chouraqui, vous aurez la chance d’être une star de cinéma », tonne-t-il encore. Le premier lot s’envole pour 2 500 euros, le second pour 4 000 euros.

Le commissaire annonce ensuite le plasticien Daniel Firman pour un « moulage du corps de l’acheteur ». L’enchère démarre « discrètement » avec une première mise de 1 000 euros. Quand très vite, la perspective de « se voir devenir œuvre d’art » attire l’attention d’une trentenaire installée au premier rang. « Séduite par le côté hyperréaliste du travail de l’artiste », confiera-t-elle plus tard, les enchères s’emballent, s’élevant à 10 000, puis 15 000 euros,… quand soudainement un homme s’immisce, laissant place à une rivalité - bien que des plus cordiales - entre les deux collectionneurs arbitrés par Hazelton. L’assemblée frénétique s’agite, les yeux rivés sur les deux intéressés, passant de l’un à l’autre à chacune de leur levée de main. L’enchère à son paroxysme, Hazelton sonne le glas : « 25 000 euros adjugé, vendu ! » pour la sud-américaine qui décide de faire cadeau de cette immortalité à sa mère Zaida Ocanto. La sculpture quant à elle, restera chez l’artiste.

Si chaque lot a été dispersé sans difficulté, quelques déceptions cependant – quoique bénignes – sont venues émailler le fil de la vente. L’idée d’aller ensemble « au bout du monde » avec ORLAN – installée au cœur de l’assemblée – n’a pas suscité l’enthousiasme attendu. De même pour le blind date de l’essayiste Marc Lambron et le tour du périphérique dans la Ferrari de Bertrand Lavier. Ces trois derniers ne sont pas parvenus à dépasser les 1 500 euros.

Avec un record de 25 000 euros pour le plasticien francais Daniel Firman et des adjudications comprises entre 3 000 et 5 000 euros pour 8 des 25 œuvres, et 1 000 et 2 500 pour 14 de celles-ci, la vente a engrangé la somme totale de 88 000 euros. Laquelle servira au financement de la programmation de l’année 2013 du Palais de Tokyo. Et plus précisément : à la manifestation des « Young Curators » prévue à l’été prochain. Celle-ci présentera les expositions de jeunes commissaires de moins de 35 ans sélectionnés sur dossier.

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Ventes aux enchères de l'Immatériel au Palais de Tokyo animée par le commissaire-priseur Brook Hazelton - Lundi 15 octobre 2012 - Photo Anouk Rijpma pour LeJournaldesArts.fr

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