La loi « monuments » de 1913 au cœur de la 30e édition des Journées européennes du Patrimoine

Par Alexandra Houël · lejournaldesarts.fr

Le 13 septembre 2013 - 558 mots

PARIS [13.09.13] – La trentième édition des Journées européennes du Patrimoine qui se tient en France les 14 et 15 septembre s’inscrit dans un thème commémoratif, celui du centenaire de la première loi de protection du patrimoine. De nouveaux sites sont exceptionnellement ouvert au public pour l’occasion.

Si la première vocation de ce rendez-vous désormais régulier dans le calendrier culturel reste la mise à disposition des richesses patrimoniales du pays, cette 30e édition des Journées européennes du Patrimoine a pour ambition la commémoration d’un évènement : l’acte fondateur du dispositif de protection du patrimoine, l’instauration de la loi du 31 décembre 1913.

« 1913-2013 : 100 ans de protection », la couleur en est ainsi donnée. L’évènement doit à ce titre permettre de « favoriser la compréhension et l’appropriation des enjeux de la politique de protection du patrimoine » en proposant notamment une valorisation des opérations de protection et de conservation réalisées au cours du siècle dernier, grâce à cette loi capitale.

Afin d’honorer cette thématique, certains sites proposent, outre l’ouverture exceptionnelle au public, des parcours instructifs, comme l’exposition au Palais Royal, « 1913-2013 un siècle de protection ». Le Sénat s’approprie aussi ce thème avec « Patrimoine, histoire en mouvement au Sénat » qui illustre les actions entreprises par les collectivités territoriales pour la protection de leur patrimoine, sur les grilles du Jardin du Luxembourg.

D’autres lieux s’ouvrent au public pour la première fois, après une complète restauration. Tel est le cas de l’insolite Pavillon des Indes, construit initialement pour l’exposition universelle de 1878, et déplacé en partie à Courbevoie ; ou encore de la villa Cavrois à Croix, édifiée en 1932 par Robert Mallet-Stevens, rachetée par l’Etat en 2001 et entièrement restaurée après des années déliquescence. La cité (ouvrière) Napoléon à Paris, fraîchement rénovée, ouvre aussi ses portes pour la première fois.

Ce thème est aussi l’occasion de mettre en valeur le patrimoine industriel ancien qui est depuis peu pris en compte dans l’inscription des monuments. Sont ainsi exceptionnellement ouverts au public et pour la première fois la Halle Freyssinet à Paris, inscrite aux monuments historiques en 2012, les anciens entrepôts de la Chambre de Commerce et d’Industrie sur le canal de l’Ourcq, lieu insolite laissé à l’abandon et revivifié par le street art, ou encore en Alsace le Carreau Rodolphe à Pulversheim-Ungersheim.

Il est aussi rappelé dans cette édition que la mémoire est un enjeu important de la protection du patrimoine, comme en témoignent le Mémorial classé du camp de Rivesaltes à Perpignan, qui ouvre ses portes pour la première fois, ou le Mémorial Montluc à Lyon, dans l’ancienne prison, lieu de tortures et d’exécutions sous l’occupation allemande, classée en 2009, qui ouvre pour la première fois au public ses caves qui servaient de cellules.

Enfin, la célébration d’autres anniversaires justifie la proposition d’activités insolites. A Arcueil, le pont aqueduc Médicis fête ses 400 ans, et pour l’occasion propose une expédition à l’intérieur du conduit d’acheminement d’eau en pénétrant par un de ses regards.

Instaurées en France en 1983 les Journées du Patrimoine ont pris un tour européen en 1991 sous l’impulsion du Conseil de l’Europe. Chaque année, 16 000 sites environ sont ouverts au public pendant ces deux journées, dont 1500 sites en Ile de France. Elles ont attiré selon les chiffres du ministère près de 12 millions de visiteurs en 2011 et 2012.

Le site Internet des Journées Européennes du Patrimoine : www.journeesdupatrimoine.culture.fr

Légende Photo : Affiche des Journées Européennes du Patrimoine 2013

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