Vendredi 25 septembre 2020

La directrice de l’Unesco citée dans une enquête sur les largesses de l’Azerbaïdjan

Par David Robert (Correspondant à Rio de Janeiro) · lejournaldesarts.fr

Le 5 septembre 2017 - 373 mots

PARIS [05.09.17] – Selon une vaste enquête menée par 11 publications dont Le Monde, le mari d’Irina Bokova aurait reçu plus de 400 000 euros de la part du régime azerbaïdjanais. L’enquête s’interroge sur les relations entre l’Unesco et cette république autoritaire, à la lumière de ces révélations.

Onze publications européennes, parmi lesquelles Le Monde et le Guardian, viennent de publier les premiers éléments de leur enquête intitulée « Laundromat » (blanchisserie). L’enquête met au jour les largesses de l’Azerbaïdjan envers certains diplomates européens, des pratiques regroupées sous le terme de « Diplomatie du Caviar ».

Parmi les premiers noms sortis par l’enquête, figure celui de Kalin Mitrev, mari d’Irina Bokova. Nommé depuis à la direction de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le développement, Kalin Mitrev aurait reçu entre 2012 et 2014, 425 000 euros en provenance de l’Azerbaïdjan. Il reconnaît avoir perçu et déclaré ces sommes en Bulgarie en contrepartie de missions de conseil sur le programme gouvernemental (azéri) de gestion des eaux dans la plaine de Kura-Aras.

L’enquête relève qu’un virement de 20 000 euros est effectué au profit de Kalin Mitrev le 25 octobre 2013. Or le 22 octobre 2013, soit trois jours plutôt, l’Unesco inaugure l’exposition Azerbaïdjan, Terre de tolérance, à son siège parisien. L’événement est organisé par la Fondation Heydar-Aliev, présidée par la première dame d’Azerbaïdjan, à qui Irina Bokova a rendu visite à plusieurs reprises durant son mandat, notamment pour lui remettre en 2010 la « médaille d’or Mozart » distinction honorifique de l’Unesco.

Ce choix avait déjà été critiqué en interne, à l’époque, tant la propension du régime de Bakou à museler la presse va à l’encontre des nombreux efforts de l’organisation internationale pour promouvoir la diversité et l’indépendance des médias dans le monde.

En janvier 2016, l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), organe de presse bulgare co-auteur de l’enquête Laundromat, avait déjà questionné les ressources du couple Mitrev-Bokova. L’article (en anglais) évoque les deux appartements que le couple possède à New York, soulignant la différence entre leur valeur à celle du patrimoine supposé du couple.

Pour se justifier, la directrice de l’Unesco, qui termine son mandat dans quelques semaines a indiqué que l’Unesco se devait de collaborer avec tous les pays membres.

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Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, 2015 © AFP PHOTO / KHALED DESOUKI

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