Mercredi 28 octobre 2020

La 11e Nuit européenne des musées placée sous le signe du divertissement

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 15 mai 2015 - 799 mots

EUROPE [15.05.15] – Pour la 11e édition de la Nuit des musées, plus de 1 300 musées en France et près de 3 400 en Europe ouvrent gratuitement leurs portes samedi 16 mai jusqu’à minuit et proposent de nombreuses animations festives.

Pour la 11e édition de la Nuit européenne des musées plus de 1 300 musées en France et près de 3 400 en Europe ouvrent gratuitement leurs portes en nocturne.

L’objectif de cette édition, tel que défini par la ministre Fleur Pellerin, est de favoriser la découverte et l’accès de tous aux institutions culturelles, dans un contexte insolite et ludique. Elle est placée sous le triple patronage du Conseil de l’Europe, de l’Unesco et de l’ICOM (Conseil international des musées).

Créé en 2005, cet événement compte chaque année de plus en plus d’institutions participantes et de plus en plus de visiteurs. En 2014, plus de 2 millions de personnes ont profité de cette occasion unique pour investir les établissements culturels à travers 5 000 animations. La Nuit des musées est aussi un événement de poids à l’échelle de l’Europe. En 2005, 450 musées européens participaient à cette première édition. 10 ans plus tard, c’est dans plus de 3 000 musées que des millions d’Européens s’approprient un patrimoine commun.

Certains musées ouverts ou rouverts récemment participent pour la première fois à la Nuit européenne des musées. Le Musée Picasso donne carte blanche au chorégraphe Loïc Touzé et organise des projections inspirées par Picasso. L’équipe du Musée Soulages présente l’œuvre et les techniques de l’artiste aux visiteurs. La Philharmonie de Paris organise un concert autour de Pierre Boulez dans les espaces du Musée de la musique. Le public pourra également découvrir la Fondation Vuitton au travers du personnage Elyx, à chercher dans le bâtiment et à suivre sur les réseaux sociaux. A Lyon, le Musée des Confluences, associé au CNRS et au studio photographique OSD, organise une expérience scientifique (« Hey madam, let’s play master ! ») autour du pouvoir dans les relations homme/femme. Les visiteurs, formant des paires, sont invités à se photographier dans des situations exprimant une hiérarchie entre les genres, qui seront ensuite étudiées par scientifiques et sociologues.

De plus en plus d’animations

Comme on le voit, depuis quelques années, les institutions culturelles françaises ne se contentent plus d’offrir simplement l’entrée gratuite au public, comme elles le faisaient dans les premières éditions. Elles font preuve d’imagination pour proposer au public des animations variées, dans un contexte de concurrence accrue entre musées. L’Unesco ayant fait de 2015 l’année internationale de la lumière, plusieurs institutions ont choisi ce thème pour leurs animations. La majeure partie des activités proposées restent toujours assez classiques, avec des visites guidées, concerts, projections, spectacles, alors que d’autres sont plus insolites. Les musées accordent ainsi de plus en plus d’importance aux activités participatives, du type performances interactives (dégustation du moulage en chocolat du corps de Laurent Moriceau au Mac/Val), expériences scientifiques ou sociologiques, découvertes des coulisses de l’institution (emballage d’œuvres avec le régisseur des collections du musée d’Art et d’Archéologie de Senlis) et autres chasses aux trésors (Nuit des mystères dans 11 institutions à Mulhouse ou Chasse aux canards au Palais des Beaux-arts de Lille).

De nombreuses activités sont spécialement conçues pour le jeune public. Pour la troisième année consécutive, le dispositif « La classe, l’œuvre ! », permet à des scolaires de s’approprier un patrimoine commun pour le restituer auprès du public (présentation de l’œuvre de Robert Delaunay, Entrée du Hall des réseaux, au Centre Pompidou Metz par exemple).

Il faut souligner également la volonté de certains musées de rendre leurs collections véritablement accessibles à tous les publics, notamment ceux souffrant de handicaps. En partenariat avec Awabot, le Musée d’Art contemporain de Lyon propose de rendre accessible l’exposition « Open Sea » à des personnes qui ne peuvent se déplacer, grâce au robot BEAM. Ainsi, un médiateur fait découvrir les œuvres à des enfants hospitalisés à l’Institut d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique. A d’autres il est proposé une visite à distance de 15 minutes avec le robot. Certaines institutions ont choisi de créer des visites sensorielles, destinées aussi bien aux voyants qu’aux malvoyants, pour explorer les collections par le toucher et expérimenter une perception différente par l’ouïe et l’odorat (Cité de l’Architecture, Louvre-Lens et Musée départemental Matisse). Bordeaux a conçu un parcours olfactif unissant douze lieux culturels de la ville.

La majorité des établissements fermeront leurs portes aux alentours de minuit, pour certains plus tôt. Seul le Musée départemental Stéphane Mallarmé propose des activités tout au long de la nuit, avec un petit déjeuner à 6h. La Nuit européennes des musées est largement présente sur les réseaux sociaux. En 2014, le compte twitter @NuitdesMusees avait enregistré 14 732 contributions.

Le programme complet est décrit sur le site Internet du ministère de la Culture : nuitdesmusees.culturecommunication.gouv.fr 

Site Internet de la 11e Nuit des musées : : nuitdesmusees.culturecommunication.gouv.fr

Légende Photo :
Affiche de la Nuit européenne des musées 2015 - © MCC

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