En direct d’Art Basel Miami

Par Frédéric Bonnet · lejournaldesarts.fr

Le 7 décembre 2012 - 784 mots

MIAMI (ETATS-UNIS) [07.12.12] – Alors que la 11e édition d’Art Basel Miami Beach présente un beau visage et un niveau de transactions très convenable, l’engouement pour l’art contemporain ne faiblit pas au cours de la semaine de la foire a constaté l’envoyé spécial du Journal des Arts.

« Le monde est à vous » (The World is yours, 2002), proclame haut et fort une ample phrase de Jack Pierson exécutée avec des lettrages de vieilles enseignes, installée à l’extérieur du stand de Richard Gray (Chicago). A défaut du monde, ce sont les milliers de travaux proposés par les 257 galeries réunies jusqu’au 9 décembre pour la 11e édition d’Art Basel Miami Beach qui s’offrent aux collectionneurs désireux de bourse délier… et ils sont nombreux !

L’un des premiers constats à dresser après deux jours d’activité est que la fréquentation ne faiblit point. Bien entendu tous les importants amateurs nord-américains ont fait le déplacement mais aussi, comme à l’accoutumée, de très nombreux latino-américains qui ne manqueraient plus l’événement pour rien au monde ; ainsi que le relève Peter Kilchmann (Zürich), qui a notamment cédé une imposante pièce de Teresa Margolles reprenant des centaines de unes de quotidiens mexicains, « le rendez-vous est désormais dans leur agenda. »

Plus surprenant, alors que l’on sentait poindre une certaine lassitude relative au grand nombre de foires installées dans des destinations lointaines, les européens sont eux aussi là en grand nombre : des suisses, des belges, des français et des allemands pour l’essentiel.

Le second constat tient à la qualité de la foire elle-même, bien meilleure qu’en 2011. S’il n’est pas question d’exubérance, nombre de galeries ont remisé le « low profile » afin de mieux affirmer des accrochages cohérents, où la sécurité n’est pas seule en ligne de mire. Le tout avec des travaux offrant souvent une belle facture. Entre autres exemples, The Modern Institute (Glasgow) n’a pas craint de réserver un grand espace à Hayley Tompkins qui a composé là un petit accrochage de peintures et sculptures tout en sensibilité. Généralement chargé, le stand de Hauser & Wirth (Zürich, Londres, New York) s’est fait lumineux et aéré avec une confrontation de toiles de Guillermo Kuitca et de trois sculptures en verre de Roni Horn.

En outre, nombre de marchands n’ont pas craint de faire s’engager de véritables discussions entre les artistes. Assez improbable sur le papier, la rencontre entre Lyle Ashton Harris, Alexandre Da Cunha et Joanna Hadjithomas & Khalil Joreige organisée par CRG Gallery (New York) se montre finalement fort disserte quant à des questions de regard exotique et de politique notamment.

D’un point de vue commercial, les acheteurs continuent de prendre leur temps avant de se décider. Si la plupart des marchands rapportent un démarrage pas des plus rapide, ils font néanmoins état de transactions enregistrées généralement à un rythme assez régulier.

L’appétit et l’engouement pour l’art contemporain du rendez-vous hivernal de Floride semblent ne toujours pas décourager les outsiders qui tentent de se faire une place au soleil. Malgré le contexte économique incertain, le nombre de foires off ne faiblit pas : NADA – dont le niveau général n’a de cesse de s’affaisser –, Pulse ou Scope sont toujours fidèles au poste. De même que des manifestations de dernières zones, telles Red Dot Art Fair, Art Asia Miami, Aqua Art Miami et tant d’autres, dont on se demande finalement à qui elles s’adressent ?

Le public justement a tout le loisir de vaquer entre les nombreux événements accessibles en ville, à commencer par les toujours très courues visites des amples espaces des collectionneurs leaders de Miami. Ainsi la Rubell Family Collection propose-t-elle un accrochage sous le thème pour le moins spécieux de « Alone/Together » qui enfonce une porte ouverte en souhaitant pointer le paradoxe existant entre la création isolée dans le cadre de l’atelier et les conversations engagées une fois que les œuvres en rencontrent d’autres ! Affirmer avoir fait un choix dans la collection eut été bien moins prétentieux. Il est néanmoins possible d’y découvrir d’immenses tableaux du colombien, installé à Londres Oscar Murillo, qui récemment effectua une résidence en les lieux, ainsi que de belles installations de Cady Noland ou Andro Wekua.

Chez Carlos & Rosa de la Cruz, le visiteur déambule dans un parcours essentiellement dédié aux nouvelles formes de la peinture et de la sculpture américaine (Wade Guyton, Kelley Walker, Seth Price, Rachel Harrison, Rudolf Stingel, Aaron Curry). Tandis que chez CIFO (Cisneros Fontanals Art Foundation) il est question, avec « Unsaid/Spkoken », de langage et de compréhension – ou non – à travers des œuvres de Tatiana Blass, Detanico & Lain ou Franz Erhard Walter. Entre compréhension et incompréhension, ainsi va Miami...

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Galerie Neugerriemschneider (Berlin) - Art Basel Miami 2012 - photo Courtesy Art Basel

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