Décès de Jacques Rigaud

Par Lucile Pages · lejournaldesarts.fr

Le 7 décembre 2012 - 620 mots

PARIS [07.12.12] – Président de la radio RTL pendant 20 ans et du Frac d'Aquitaine pendant 6 ans, Jacques Rigaud, un homme de culture très respecté est décédé vendredi 7 décembre, à l’âge de 80 ans. Il avait fondé l’ADMICAL en 1980.

Le décès soudain de Jacques Rigaud a plongé dans la stupeur le monde culturel qu’il fréquentait depuis de longues années.

Après des études à Sciences Po et l’ENA (de 1948 à 1954), il entre au cabinet du Ministre de la Construction en 1958 en tant que chargé de mission, puis est mis à la disposition du délégué général du gouvernement en Algérie (1960). Il poursuit sa carrière en tant que conseiller juridique au ministère des Travaux publics (jusqu’en 1969) avant d’être appelé à diriger le cabinet de Jacques Duhamel au ministère de l’Agriculture puis celui des Affaires culturelles (de 1969 à 1973). De 1975 à 1978 il intervient comme sous-directeur général à l’UNESCO, puis devient chargé de mission auprès de Jean-François Poncet au ministère des Affaires étrangères (1978-1979).

En 1980, il est nommé à la tête de la radio RTL, qu’il dirige jusqu’en 2000. « Deux ans après son arrivée, RTL devient la première radio de France grâce à ce principe simple et intangible : le jeu d’une radio commerciale mais l’exigence de qualité » rapporte Bernard Lehut aujourd’hui à l’antenne. Jacques Rigaud avait d’ailleurs un jour déclaré en direct de la station : « Tout le pari que j’avais eu dans cette maison c’était de leur apporter un peu plus que ce qu’ils attendaient et notamment la culture par les voies les plus accessibles et familières ».

Parallèlement à sa carrière de chef d’entreprise, il s’attache au développement du mécénat d’entreprise en France, et fonde l’Association pour le développement du mécénat industriel et commercial (Admical) en 1980, après avoir participé à la création de la première fondation d’entreprise du pays, celle du Crédit Agricole, en 1979.

En véritable hyper actif de la culture, il mène de front plusieurs projets, et préside ainsi l’Etablissement public chargé de mettre en place le musée d’Orsay de 1981 à 1987, devient membre du Conseil de surveillance de Bayard Presse en 1985, et poursuit sa carrière de professeur à Sciences Po (1958-1987).

En 2000, alors qu’il quitte la direction de la radio RTL, il est nommé à la tête du Fonds régional pour l’art contemporain (FRAC) d’Aquitaine, qu’il préside jusqu’en 2006. « Il a fait avancer le FRAC par sa connaissance de la vie associative, sa compétence républicaine » expliquait Hervé Legros. Et bien qu’il ne soit ni un spécialiste ni un grand amateur d’art contemporain, le développement de ces structures lui tenait à cœur, comme il l’expliquait dans un entretien pour le magazine L'oeil en 2003.

Même retraité, Jacques Rigaud poursuit sa vie associative, et préside plusieurs fondations. En 2008, il est chargé de rendre un rapport sur l’inaliénabilité des œuvres d’art, mandatée par Christine Albane (alors Ministre de la Culture). S’il prône un statu quo face à la question, son regard plus ouvert concernant les collections des FRAC et FNAC sollicite plus de controverses. Mais il défendra inlassablement sa position, rappelant que les FRAC doivent garder une certaine souplesse de fonctionnement « pour se consacrer à des formes de créations plus vives », sous réserve de devenir des « musées témoins » d’une certaine époque.

Homme de plume, Rigaud laisse derrière lui de nombreux ouvrages, dont La culture pour vivre (1975), L’Exception culturelle (1997) ou encore Les deniers du rêve : essai sur l'avenir des politiques culturelles (2001). Autant d’ouvrages « dont la lecture restera encore longtemps d’actualité pour tous ceux qui sont appelés à définir la politique culturelle française » a rappelé Aurélie Filippetti dans son hommage au défunt.

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Jacques Rigaud - 2007 - © Photo Frédéric Marigaux pour L'oeil

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