Mercredi 21 février 2018

Carte blanche à...

Valérie Favre

Pique-Nique, Berlin, décembre 2003, aquarelle et crayon feutre

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 5 novembre 2007

Peintures, objets, vidéos, textes, l’œuvre de Valérie Favre est polymorphe. On y croise tout un monde de figures aussi familières qu’étranges qui sont soit directement issues de son imaginaire, soit empruntées à certains archétypes culturels. Ces figures sont les actrices de toutes sortes d’histoires décrites non dans un déroulement narratif mais par arrêts sur image. Son œuvre peinte décline ainsi de nombreux sujets – comme les Nageurs, les Bottes, les Robes, les Sœurs malades, les Intérieurs, les Lapines, les Forêts, etc. – que l’artiste met en jeu dans des situations très diverses, tissées volontiers de références biographiques ou historiques. Toujours traitées sur un mode allusif, elles n’imposent jamais une lecture univoque mais invitent à s’y investir en toute liberté. Bien plus que de la série ou de la suite, l’œuvre de Valérie Favre participe du « tableau », voire de la séquence, tel qu’on l’entend au théâtre ou au cinéma. D’origine suisse, Valérie Favre, la quarantaine à mi-chemin, s’est d’abord installée en France au début des années 1980 puis s’est fixée à Berlin en 1998. Le thème de la forêt – sur lequel elle a notamment réalisé en 2002 une peinture de dix-huit mètres de long désertée de toute présence humaine – a été une façon pour elle de s’immerger dans la culture allemande, relié qu’il est avec toutes les traditions orales, écrites ou musicales de celle-ci. À ce cycle correspond l’image qu’elle a conçue tout spécialement pour cette carte blanche. « Ici, c’est une esquisse de Lapine Univers qui se détend sur une couverture, avec en arrière-plan un élément d’architecture qui intervient dans mes derniers tableaux et qui tient plus de la cabane que de la maison », précise l’artiste comme pour nous indiquer la piste à suivre. À chacun de tracer son chemin.

Valérie Favre est représentée par la galerie Nathalie Obadia, 3 rue du Cloître Saint-Merri, Paris IIIe, tél. 01 42 74 67 68. Expositions à venir : Münster, Westfälischer Kunstverein, 19 mars-16 mai ; Berlin, galerie Wohnmaschine, 22 avril-30 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°555 du 1 février 2004, avec le titre suivant : Valérie Favre

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