Redouté, le Raphaël des fleurs

Par Marie Frumholtz · L'ŒIL

Le 16 mars 2017

Le Musée de la vie romantique met à l’honneur Pierre-Joseph Redouté
(1759-1840), qui a su allier précision scientifique et élégance artistique pour faire de la peinture botanique une influence majeure au sein des arts décoratifs.

L’EXACTITUDE SCIENTIFIQUE
Pierre-Joseph Redouté s’est formé à l’art botanique à Paris au Jardin du roi, devenu après la Révolution le Jardin des plantes, faisant partie du Muséum national d’histoire naturelle créé par un décret de 1793. Surnommé « Le Raphaël des fleurs », il est à la fois l’héritier de la peinture de vanités du XVIIe siècle, de la précision scientifique des botanistes des Lumières et des peintures galantes. Ce n’est toutefois qu’en 1833 qu’il expose de grandes compositions florales, dans la droite ligne de la tradition néerlandaise, au Salon officiel, en place d’honneur dans la Grande Galerie du Louvre.

TECHNICITÉ
Redouté est parvenu à élever son activité au rang d’art grâce à sa maîtrise des moyens de production. La gravure au burin sur une planche de cuivre permet d’imprimer en un seul jet. Les retouches sont exécutées à la main. Ce procédé est coûteux, mais le résultat obtenu est raffiné. Nous retrouvons la transparence naturelle de l’aquarelle d’origine, une couleur subtile et lumineuse, des teintes vibrantes. La technique de la peinture en pointillé permet de produire une subtile gradation de tons pour un effet naturaliste de grande qualité.

MISE EN SCÈNE
Au XVIIIe siècle, de nouvelles plantes originaires du monde entier sont importées en Europe. Les aquarelles sur vélin de l’artiste, comme dans un herbier, servent d’illustrations aux publications savantes comme celle du botaniste suisse Augustin Pyrame de Candolle. Aujourd’hui, ces réalisations n’ont plus de valeur scientifique, mais artistique. La plante est représentée grandeur nature, encadrée d’un mince filet doré, au-dessus d’annotations ajoutées au crayon. La fleur et quelques épines dépassent du cadre avec élégance.

RENOMMÉE

La peinture botanique est très à la mode à partir du milieu du XVIIIe. En 1786, Redouté devient le dessinateur du cabinet de Marie-Antoinette, mais sa plus importante protectrice reste Joséphine de Beauharnais. Cette dernière dispose à la Malmaison de la roseraie la plus sophistiquée d’Europe. En 1824, l’artiste publie Les Roses, son ouvrage le plus populaire, dont l’ambition est de rassembler toutes les variétés de roses connues. Ni récipient ni ruban pour maintenir ce bouquet, les fleurs semblent flotter, comme figées pour l’éternité.

Werner Dressendörfer et H. Walter Lack, Pierre-Joseph Redouté, Choix des plus belles fleurs

Taschen, 336 p., 99,99”‰€.

« Le pouvoir des fleurs, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) et résonances contemporaines avec les métiers d’art »

Du 26 avril au 1er octobre 2017. Musée de la vie romantique, hôtel Scheffer-Renan, 16, rue Chaptal, Paris-9e. Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h. Fermé le lundi. Tarifs : 8 et 6 €. Commissariat : Catherine de Bourgoing, Jérôme Farigoule, Sophie Eloy. www.vie-romantique.paris.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°700 du 1 avril 2017, avec le titre suivant : Redouté, le Raphaël des fleurs

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