Galerie

Daniel Templon : « Trop peu de peintres trouvent aujourd’hui la reconnaissance muséale qui leur est due »

Par Amélie Adamo · L'ŒIL

Le 27 janvier 2021 - 341 mots

PARIS

Entretien avec le galeriste réputé, Daniel Templon qui défend entre autres, à Paris et à Bruxelles, le travail des peintres Philippe Cognée et Gérard Garouste.

Comment percevez-vous l’actuel regain d’intérêt des musées pour la peinture ?

Pendant des années dans notre pays, on a déclaré que la peinture était « morte » ; c’était une sorte d’obsession franco-française, portée par certains conservateurs, galeristes et artistes influents. C’était une idéologie que tous les faits contredisaient car, pendant ce temps-là, dans le monde entier, de nombreux peintres figuratifs sont devenus des stars. Aujourd’hui, en France, devant l’évidence du talent de certains de ces artistes, et du marché qui a toujours plébiscité la peinture, il y a enfin une prise de conscience. Il existe une certaine volonté de rattrapage, même si elle reste limitée. Gérard Garouste va certes avoir une rétrospective à Beaubourg en septembre 2022, mais trop peu de peintres trouvent aujourd’hui la reconnaissance muséale qui leur est due.

Quel regard portez-vous sur la reconnaissance institutionnelle de l’œuvre de Garouste ?

Gérard Garouste a eu sa première rétrospective à Pompidou en 1988. Il avait 42 ans. C’était déjà une consécration. Par la suite, il n’a pas bénéficié du soutien institutionnel qu’il méritait, même si l’on peut noter d’importantes expositions : Villa Médicis (2009), Fondation Maeght (2015), École des beaux-arts de Paris (2018), Musée d’art moderne de New Delhi en Inde (2020). Ce sont les collectionneurs privés qui ont toujours soutenu sa peinture.

Qu’attendez-vous de la rétrospective à Beaubourg ?

L’œuvre de Garouste est très riche : dessins, peintures, sculptures, gravures, installations. On y trouve des réflexions sur la littérature, les mythes, les textes sacrés (Bible, Talmud), la littérature, la science, la psychanalyse… J’espère que cette rétrospective donnera un aperçu large de la complexité de son parcours qui le place mondialement parlant au niveau des meilleurs artistes de sa génération.
 

Qu’est-ce qui fait la persistance de la peinture ?

L’histoire de l’art occidental est ancrée dans la peinture : la représentation, la recherche de la forme et de la beauté. Sa persistance prouve sa force.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°741 du 1 février 2021, avec le titre suivant : Daniel Templon : Trop peu de peintres trouvent aujourd’hui la reconnaissance muséale qui leur est due

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