Tribune

Sur Facebook, Joann Sfar critique vivement les décisions prises concernant les Beaux-Arts de Paris

Par Elise Kerner-Michaud · lejournaldesarts.fr

Le 1 octobre 2018 - 509 mots

PARIS

L’illustrateur et enseignant aux Beaux-Arts dénonce dans un livre et sur Facebook une cabale contre son directeur Jean-Marc Bustamante.

Joann Sfar
Joann Sfar au salon du livre français, « Le Livre sur la Place », à Nancy en 2015

L’illustrateur Joann Sfar, qui enseigne depuis un an à l’Ecole Nationale Supérieur des Beaux-Arts de Paris (ENSBA), expose son point de vue concernant les affaires de harcèlement qui ont secoué l’établissement et conduit au départ de Jean-Marc Bustamante en juillet dernier. Pour rappeler brièvement les faits, l’année scolaire, qui avait été marquée par des accusations de harcèlement contre des professeurs puis de vifs reproches adressés au directeur sur sa gestion des faits, s’était achevée de façon chaotique avec l’enfarinage de Jean-Marc Bustamante au cours d’une remise de prix et la décision de la ministre de la Culture de ne pas le renouveler au terme de son premier mandat. 

Joann Sfar s’est déjà emparé du sujet dans un roman d’inspiration autobiographique sorti en août dernier. Face aux réactions suscitées par ses propos, il s’exprime sur Facebook pour donner son opinion, révisée à la lumière des conséquences que les événements ont eues pour le directeur et les étudiants exclus. Il précise : « si j’avais su tout ça, j’aurais sans doute écrit un roman sur un ton plus grave ».

Dans son billet du 26 septembre, l’illustrateur mentionne en particulier une réunion organisée pour gérer la crise que traversait l’école suite aux accusations de harcèlement. Il était lui-même présent pendant cette table ronde réunissant notamment Françoise Nyssen, Jean-Marc Bustamante, la directrice des études, des journalistes du quotidien Le Monde ainsi que plusieurs étudiants. Selon Joann Sfar, cette ultime tentative de gestion s’est déroulée à l’image des mois précédents, et il affirme : « notre administration a encouragé des élèves toute l’année dernière à agresser le directeur ». Cet état d’esprit a, d’après lui, été soutenu par la ministre qui « n’a fait rien d’autre que sous-entendre un ‘vous avez raison, il n’y a aucune justice qui fonctionne, je suis dans votre camp, révoltons-nous’ ».

Pour Joann Sfar, un participant à cette réunion n’a pas été écouté comme il aurait dû l’être : l’assistante sociale. Il ne l’évoque pourtant pas dans le roman, mais explique sur Facebook combien ses propos lui ont semblé essentiels et conclut même : « défendre des victimes, c’est les inciter à aller voir une assistante sociale dont c’est le métier ». Il reprend plus loin : « rendre justice à une victime, ce n’est pas vociférer à sa place, ça consiste à lui donner accès aux lieux d’écoute qui existent »

Le billet de l’illustrateur, souvent moralisateur est nettement accusateur quand il répète : « Les élèves en question ont été encouragés pendant toute l’année passée par la direction des études qui voulait se débarrasser du directeur et par le ministère de la Culture qui voyait là une occasion formidable de dire qu’il s’investissait concrètement (et pour pas cher) dans la défense des victimes ». Il pointe néanmoins un réel dysfonctionnement des administrations, incapables de se saisir des outils dont elles disposent pour soutenir les victimes de harcèlement, notamment parce que les individus n’en sont plus la priorité. 
 

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