Pérou - Archéologie

Pérou : redécouverte d'une fresque murale pré-colombienne « exceptionnelle »

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 1 décembre 2022 - 396 mots

LIMA / PÉROU

La redécouverte dans le nord du Pérou d'une peinture murale préhispanique représentant des scènes mythologiques, un site que les archéologues ne connaissaient qu'à travers des photographies prises au début du XXe siècle, est, selon son découvreur, d'une valeur « exceptionnelle » en raison de son état de conservation.

Fresque précolombienne de la Huanca Pintada. © Sâm Ghavami
Fresque précolombienne de la Huanca Pintada.
© Sâm Ghavami

« Il est rare de mettre au jour des peintures murales d'une telle qualité dans l'archéologie précolombienne », indique à l'AFP Sam Ghavami, qui a passé quatre ans à chercher la fresque qui selon lui aurait un millier d'année. « La composition de cette peinture est unique dans l'histoire de l'art mural du Pérou préhispanique », ajoute l'archéologue suisse qui a découvert la fresque en octobre dans les vestiges d'un ancien temple funéraire appelé Huaca Pintada à Illimo, un village de la province de Lambayeque (nord).

Son existence avait été attestée par des photos en noir et blanc prises en 1916 par l'un des plus importants ethnologues vivant au Pérou à l'époque, l'Allemand Hans Heinrich Brüning. « On ne sait pas pourquoi Brüning n'a pas publié les photos et il a donc fallu attendre 1978 lorsqu'un chercheur américain nommé Richard Schaedel les a trouvées lors d'une visite au musée de Hambourg, en Allemagne. Depuis lors, les archéologues connaissaient l'existence de la Huaca Pintada mais personne n'est venu fouiller le site en pensant qu'on ne pourrait rien trouver », indique le doctorant du département des sciences sociales de l'Université de Fribourg, en Suisse.

La fresque fait partie d'un temple appelé Huaca Pintada, appartenant à la culture préhispanique Moche, dont les habitants vénéraient la lune, la pluie, les iguanes et les araignées.

Dans le fragment de fresque retrouvé, qui mesure environ 30 mètres de long, se détachent des couleurs bleu, brun, rouge, jaune, noir, blanc et « lucuma » (jaune moutarde). Les dessins montrent une procession de guerriers marchant vers une divinité centrale aux traits d'oiseau. La scène « semble s'inspirer de l'idée d'une hiérarchie sacrée construite autour d'un culte des ancêtres et de ses liens intimes avec les forces de la nature », explique M. Ghavami, « une image métaphorique de l'ordre politique et religieux des anciens habitants de la région ».

La valeur de cette fresque réside également dans le syncrétisme stylistique entre deux cultures pré-incas : les Lambayeque, qui se sont développés sur la côte nord du Pérou entre 900 et 1350, et leurs ancêtres Mochica, qui ont dominé entre 100 et 850.

Cet article a été publié par l'AFP le 30 novembre 2022.

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