Vendredi 22 octobre 2021

Un portrait de Napoléon Bonaparte par Jacques-Louis David identifié dans une collection privée new-yorkaise

Par Julien Rocha · lejournaldesarts.fr

Le 1 octobre 2013 - 399 mots

READING (ROYAUME-UNI) [01.10.13] – Une copie d’une œuvre du peintre Jacques-Louis David représentant Napoléon Bonaparte vendue à un particulier américain en 2005 aurait été identifiée par un professeur anglais comme un original du peintre néoclassique.

Le Dr. Simon Lee, maître de conférences à l’Université de Reading, au Royaume-Uni, aurait identifié une œuvre du peintre Jacques-Louis David dans un portrait de Napoléon Bonaparte en costume de la Garde Nationale, vendu comme une copie à un particulier new-yorkais en 2005. Acheté 15 000 livres (près de 17 900 euros), sa valeur s’élèverait avec cette attribution à plus de 2,4 millions d’euros.

Le nettoyage de l’œuvre, très encrassée lors de sa vente, aurait permis d’apprécier pleinement la touche du peintre : « Les gens pensaient qu’il s’agissait d’une copie parce qu’elle était très sale » explique le Dr. Lee dans The Independant. « Elle était dépréciée et la peinture semblait terne et sans relief. La restauration a révélé un portrait puissant et plein de caractère ». L’attribution à Jacques-Louis David repose aussi sur la comparaison avec Portrait de la Comtesse Daru, conservé à la Frick Collection de New York et daté de 1810 : le même traitement du modelé et des touches de lumière sur les étoffes a été remarqué.

BBC News rapporte aussi que la restauration de l’œuvre aurait révélé sous un repeint la signature de Georges Rouget, l’assistant de David, ainsi que la date « 1813 ». Le Dr. Lee précise qu’il était d’usage dans l’atelier de David que Rouget transfère sur la toile les dessins du maître et applique la base des couleurs, avant que David ne vienne parfaire le modelé en s’assurant de la vraisemblance des étoffes et de la ressemblance avec le modèle. La volonté d’apposer sa signature, sachant pertinemment qu’elle allait être effacée par son maître lors de ses retouches finales, est perçue comme un « acte de frustration ou de rébellion » révélateur de la relation difficile entre le peintre et son élève.

Le tableau, perdu pendant la Deuxième Guerre mondiale, avait fait ensuite partie d’une collection privée écossaise puis avait été légué à la Royal Scottish Academy qui l’a vendu en 2005.

Selon le Dr. Lee, le bicentenaire de la bataille de Waterloo en 2015 pourrait accroître encore davantage la valeur de l’œuvre. Le dernier portrait de Jacques-Louis David vendu aux enchères avait atteint 2,14 millions de livres (environ 2,5 millions d’euros) en 2006.

Légende photo

Portrait de Napoléon Bonaparte (1813) authentifié comme étant de Jacques-Louis David par le professeur Simon Lee - Collection particulière

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque