Un parc de sculptures contemporaines à Marrakech

Par Pauline Vidal · lejournaldesarts.fr

Le 8 octobre 2013 - 518 mots

MARRAKECH (MAROC) [08.10.13] - Sur le site de 190 hectares d’Al Maaden, un parcours de sculptures voit le jour sous l’impulsion de la Fondation Alliances appuyée par le promoteur immobilier Alami Lazraq. Celui-ci veut aussi ouvrir un musée d’art contemporain en 2016.

C’est sur le terrain de golf du luxueux resort d’Al Maaden, au nord de Marrakech, avec l’Atlas en ligne d’horizon, que la Fondation Alliances a créé un parcours de sculptures contemporaines, inauguré en grande pompe samedi 28 septembre 2013.

Derrière cette Fondation fondée en 2009, se trouve Alami Lazraq, le PDG du groupe immobilier éponyme. Grand amateur d’art depuis ses années d’études d’architecture à l’Ecole des beaux-arts de Paris, cet homme d’affaires marocain a rassemblé au fil du temps une importante collection et dès lors que cela a été possible a également acquis des œuvres pour le compte du groupe dont les bureaux sont aujourd’hui remplis d’œuvres d’art.

Pour le parc d’Al Maaden, à l’exception des sculptures de Mahi Binebine et de Philippe Hiquily, plutôt que de puiser dans sa collection, la Fondation a préféré lancer en 2011 un appel à projets avec un budget de 100 000 euros pour chaque réalisation, et « dans un esprit de soutien à la création émergente », permettre ainsi à des artistes venus des quatre coins du monde d’imaginer des œuvres en résonance avec le site.

Au total, douze sculptures monumentales ont été installées. Le résultat est assez inégal. Parmi les œuvres les plus abouties, il y a celle d’Hassan Darsi (né en 1961 au Maroc) très actif à Casablanca à travers La Source du Lion, atelier de recherche et résidence d’artistes, ou encore celles d’Abida Mkinsi (née en 1970 au Maroc), Moataz Nasr (né en 1961 en Egypte) et Yazid Oulab (né en 1958 en Algérie). A terme, le parc devrait s’enrichir de huit autres sculptures.

La Fondation Alliances a été créée « pour accompagner le développement social et culturel du royaume marocain » explique Alami Lazraq, et ainsi combler en partie le manque crucial d’engagement de l’Etat marocain en direction de l’art et de la culture. Espérant à terme que l’énergie déployée par la Fondation participera à inverser cette tendance, elle appréhende la culture comme un facteur de développement social. Aussi souhaite-t-elle, d’ici la fin de l’année, mettre en place des actions de médiation avec des écoles d’art de Marrakech afin de permettre à des scolaires l’accès à ce parc qui est pour l’instant totalement réservés aux résidants huppés du resort et des golfeurs.

Cette volonté de médiation et d’ouverture de l’art à tous prendra une toute autre ampleur avec le musée d’art contemporain africain qui devrait ouvrir ses portes en 2016, non loin du parc, dans un quartier populaire d’Al Maaden. Créé sous l’égide la Fondation à partir de la collection constituée par Alami Lazraq, le futur musée vise à être un espace de création et d’expérimentation au service des artistes marocains et plus largement africains, qui ne bénéficient pour l’instant que de très rares réseaux de soutien et de diffusion. Plus largement, son promoteur veut aider Marrakech à être « une véritable destination culturelle ».

Légendes photos

Yazid Oulab Montagne Urbaine (2013) dans le Parc de Sculptures Al Maaden 2013 - Acier corten - 5 x 12 mètres, - © Fondation Alliances, Courtesy Fondation Alliances

Moataz Nasr Wooden Crystal (2013) dans le Parc de Sculptures Al Maaden 2013 - Acier et bois - Hauteur: 6 mètres - © Fondation Alliances, Courtesy Fondation Alliances

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