Un bastion de la contre-culture berlinoise menacé de disparaître

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 8 janvier 2009

BERLIN (ALLEMAGNE) [08.01.09] – Après 20 ans de tranquillité, un collectif d’artistes occupant un immeuble du début du siècle se bat actuellement pour sauver l’un des derniers temples de l’art underground de Berlin.

Le demeure baptisée Tacheles, qui signifie franc-parler, devenue depuis la chute du mur de Berlin un squat d’artistes célèbre dans la capitale, menace aujourd’hui de fermer ses portes.

Achetée par le Groupe Fundus au milieu des années 90, le site était loué aux artistes pour un loyer symbolique de 50 cents par an. Le bail de 10 ans signé en 1998 entre les deux parties vient de prendre fin au 1er janvier de la nouvelle année. La centaine d’artistes qui habitent les lieux ont entamé une bataille judiciaire sans fin pour préserver cet espace de création libre, rapporte The Independent.

Le Groupe Fundus qui voulait construire un hôtel et des appartements sur le site ne possédant pas le budget nécessaire projette maintenant de vendre le terrain aux enchères. Les artistes sont actuellement en pourparlers pour tenter de régulariser leur situation et pouvoir rester à Tacheres, sorte de bombe implantée dans le quartier chic de Mitte District. Le collectif compte notamment sur le soutien du maire démocrate socialiste de la ville, Klaus Wowereit et souhaite se réunir sous la forme d’une fondation qui leur conférerait un statut légal. La situation demeure précaire selon l’avocat chargé de l’affaire, puisque rien ne garantit que l’immeuble restera un centre artistique.

Parmi les 200 squats d’artistes créés à Berlin lors de la chute du mur, il n’en reste aujourd’hui qu’une poignée. Pourvu d’un théâtre, de deux bars, d’un restaurant, d’un cinéma et de studios d’artistes, Tacheres est un lieu incontournable de la contre culture qui attire plus de 300 000 visiteurs chaque année.

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