Russie : des partisans du pouvoir font fermer une exposition controversée d'un photographe américain

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 26 septembre 2016

MOSCOU (RUSSIE) [25.09.16] - Plusieurs militants d'une ONG favorable au Kremlin ont bloqué dimanche l'entrée d'une galerie d'art de Moscou et jeté de l'urine sur les photographies d'un artiste américain controversé, l'accusant de pédophilie et entraînant la fermeture de son exposition.

L'exposition du photographe américain Jock Sturges, dont les clichés d'enfants et d'adolescents nus lui ont valu de nombreuses accusations de pédophilie bien qu'aucune charge n'ait jamais été retenue contre lui, était sa première en Russie.

Intitulée "Jock Sturges : sans embarras", elle avait ouvert le 7 septembre au centre de photographie des Frères Lumière, à deux pas du Kremlin, et ses organisateurs assurent qu'aucun visiteur ne s'était plaint.

Anna Kouznetsova, nommée le 9 septembre déléguée aux droits de l'enfant auprès du Kremlin, avait condamné samedi sur Facebook cette exposition qu'elle a comparée à de la "pornographie enfantine".

Dès dimanche, une vingtaine de militants portant les vêtements d'une ONG peu connue, "Officiers de Russie", ont manifesté devant les portes de la galerie sous les yeux de policiers, a constaté un vidéaste de l'AFP.

Le dirigeant de cette ONG, Anton Tsvetkov, a ensuite visité l'exposition avant d'annoncer sa fermeture. "Les organisateurs ont cédé à la Chambre civile et l'exposition est fermée à partir d'aujourd'hui", a-t-il ensuite crié, tandis que des défenseurs de la galerie tentaient de recouvrir sa voix en scandant "Honte !".

"De 10 à 15 % des photos montrent des enfants à moitié nus. C'est inacceptable", a ajouté Anton Tsvetkov, qui est aussi un responsable de la Chambre civile russe, un organisme public regroupant des représentants de la société civile.

Un homme se faisant appeler Alexandre a jeté une bouteille d'urine sur les photographies en présence des journalistes. Il a ensuite été remis à la police, a annoncé l'agence de presse russe Ria Novosti, bien qu'un porte-parole de la police n'ait pu confirmer à l'AFP son arrestation.

"Nous avons pris la décision de fermer l'exposition. Il y a eu une réaction publique et nous ne pouvons rien faire contre ça", a déclaré à la presse le propriétaire de la galerie, Edouard Litvinski.

La commissaire de l'exposition, Natalia Litvinskaïa, a assuré aux journalistes que l'exposition n'avait "rien à voir avec la pédophilie" mais ajouté qu'elle avait décidé de la fermer "après avoir reçu des menaces de gens délirants".

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