Australie - Vandalisme

En Australie, des vandales détruisent de l'art rupestre aborigène

Par Alexandre Clappe · lejournaldesarts.fr

Le 2 janvier 2023 - 408 mots

NULLARBOR / AUSTRALIE

Une audition parlementaire en juillet dernier avait pourtant alerté sur la faiblesse du dispositif de sécurité du site.

Entrée de la grotte de Koonalda en Australie. © Boobook48, 2016, CC BY-NC-SA 2.0
Entrée de la grotte de Koonalda en Australie.
Photo Boobook48, 2016

C’est un coup dur pour le patrimoine rupestre mondial. Des vandales ont attaqué la grotte de Koonalda en Australie-Méridionale, un État du sud du pays, détruisant des peintures vieilles de 30 000 ans. Celles-ci sont maintenant obscurcies par des graffitis gravés dans la roche, contenant des messages tels que « ne regardez pas, c'est une grotte de la mort ». La grotte est un lieu sacré pour ses propriétaires, le peuple Mirning.

« Les peintures ne sont pas récupérables, a indiqué au Guardian Keryn Walshe, archéologue spécialisée dans les anciens sites aborigènes. La surface de la paroi étant très molle, il n'est pas possible d'enlever les graffitis sans détruire les peintures qui se trouvent dessous ». Elle ajoute que le site était « unique en Australie » et inscrit au patrimoine national en 2014 en raison de sa rareté.

Kyam Maher, procureur général et ministre des Affaires aborigènes d'Australie-Méridionale, a condamné cet acte de vandalisme et appelé à une « sanction sévère » contre les responsables. « Ces grottes font partie des plus anciennes preuves de l'occupation aborigène de cette partie du pays » a-t-il déclaré à la radio australienne. Selon la loi, endommager un site aborigène peut entraîner une peine de six mois de prison ou une amende de 10 000 dollars australiens (6 000 euros). 

Kyam Maher a par la suite été critiqué pour ne pas avoir pris en compte les avis de la communauté scientifique sur le manque de sécurité autour du site. La Fédération australienne de spéléologie avait ainsi souligné les problèmes de vandalisme dans une présentation au comité parlementaire permanent des terres aborigènes en juillet, en pointant l’absence d’un portail solide et de dispositifs de sécurité modernes, tels que des caméras de surveillance fonctionnant 24 heures sur 24. Si la grotte était protégée par une porte en acier installée dans les années 1980, les vandales semblent avoir simplement creusé sous celle-ci pour accéder au site.

La grotte de Koonalda avait subi d'autres dégradations par le passé, des individus se glissant parfois dans la grotte pour graver leurs initiales ou une date sur les parois rocheuses. Celles qui viennent d’avoir lieu semblent désormais irréparables. Cet incident majeur fait suite au dynamitage il y a deux ans d’un autre site aborigène, la grotte de Juukan Gorge, par une compagnie minière. Le PDG de la société avait alors été contraint de démissionner face à l'indignation du public.
 

Thématiques

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque