Paris Photo organise un feu d’artifice pour le 11 novembre

Par Christine Coste · lejournaldesarts.fr

Le 12 novembre 2015 - 564 mots

PARIS [12.11.15] - Les organisateurs de Paris Photo redoutaient que le premier jour d’ouverture aux professionnels soit pénalisé par le calendrier. Il n’en a rien été, ce mercredi 11 novembre s’est avéré fructueux en fréquentation, contacts, ventes et options d’achat, parfois même au-delà des espérances.

Une seule fois dans l’histoire de Paris Photo, jusqu’à cette dixième-neuvième édition, le vernissage de la foire est tombé un 11 novembre. Mais de mémoire de professionnels, y compris pour ses anciens directeurs, on ne souvient pas que ce jour férié ait eu un impact sur les ventes, contrairement à l’année 2005, année des émeutes dans les banlieues parisiennes qui avaient conduit nombre de collectionneurs américains à annuler leur voyage.

En matinée toutefois, les accès routiers au Grand Palais interdits à la circulation, l’avenue des Champs-Elysées infranchissable et les stations de métro fermées en raison des commémorations organisées pour le 11 novembre ont toutefois perturbé les premières heures de la foire, certains exposants se retrouvant dans l’incapacité de rejoindre leur stand. Mais les allées et les stands clairsemés se sont ensuite rapidement remplis de monde.

Acheteurs, collectionneurs en particulier anglo-saxons, conservateurs et responsables d’institution étaient au rendez-vous, encore plus nombreux et variés aux dires de nombreux exposants. Si la soirée JP Morgan comme d’habitude depuis quatre ans permet à certains de faire des ventes ou d’enregistrer des promesses d’achats, ce jour de vernissage est le meilleur qu’aient connu Polaris, RX, In Camera, School Olivier Castaing et la galerie Particulière pour ne citer que des enseignes françaises.

Les nouveaux venus tel que Les Douches ou NextLevel étaient plus que ravis, y compris la galerie Lelong bien que ce premier jour n’ait pas engendré pour elle un gros chiffre d’affaires à la différence de la Fiac. Si le prix du m2 du stand est le même (589 €), celui du tirage pour une photographie de Jean-Baptiste Huynh que la galerie présente en solo show est bien inférieur à ceux pratiqués pour les peintres de la galerie. Il varie entre 7 000 et 20 000 €. Mais la photographie est un multiple.

Les galeries spécialisées dans la photographie XIXe telles que Robert Hershkowitz ou Hans Kraus ont constaté plus d’intérêt que d’habitude pour leur stand, Hans Kraus rassemblant des pièces rares parmi les plus élevées du salon notamment un nu d’homme d’Atget, pièce unique à 250 000 $ US (232 597 €) et le premier volume de British Algae d’Anna Atkins, premier livre illustré de photographie publié en 1843, vendu à 550 000 $ US (511 749 €).

L’intérêt porté à la nouvelle section dite « Prismes » a été surtout manifeste lors de la soirée J.P. Morgan. Située au salon d’honneur, elle rassemble des pièces sérielles historiques aux dimensions ne permettant pas une présentation dans les stands du rez-de-chaussée. La Tate Modern, le Centre Pompidou et Artur Walther entre autres n’ont pas caché leur intérêt pour le jeu de 80 tirages de « Farewell Photography » (1972) de Daido Moriyama proposé à 400 000 € par Akio Nagasawa et Jean-Kenta Gauthier.

L’année prochaine le 11 novembre tombera un vendredi. Jour bien différent d’un mercredi férié. Si la date de la 20e édition demeure encore une inconnue, il reste que la foire au regard de sa notoriété et de la qualité de cette édition n’a rien à craindre. Elle demeure plus que jamais le rendez-vous photo de l’année à ne pas manquer.

Paris Photo, Grand Palais
12-15 novembre 2015, Grand Palais, avenue Winston Churchill, 75008 Paris, www.parisphoto.com, jeudi-samedi 11h-20h et dimanche 11h-19h, entrée 30 €, 15 € étudiant.

Légende Photo :
Vue de Paris Photo le jour du vernissage
La section Prismes au Salon d'honneur
Paris Photo, Grand Palais, le 11 novembre 2015 © photo Ludosane pour LeJournaldesArts.fr

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