Vendredi 6 décembre 2019

Orsay accusé de détenir illégalement un tableau de Gervex

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 25 novembre 2011 - 501 mots

PARIS [25.11.11] - Conservé au Musée d’Orsay, le tableau d’Henri Gervex intitulé « A la direction de 'La République française' » fait l’objet d’une querelle entre l’Etat et un particulier. Ce dernier n’est autre que le fils de Joseph Reinach, premier propriétaire de l’œuvre. Il accuse les Musées de France de s’être emparés illégalement du tableau et menace de porter plainte si celui-ci ne lui est pas restitué.

Dans un article publié le 19 novembre 2011, le magazine L’Express a révélé qu’Alexandre Bronstein, descendant de Joseph Reinach, homme politique de la IIIe République, soupçonnait les Musées de France de ne pas être le véritable propriétaire d’un tableau d’Henri Gervex conservé au Musée d’Orsay. A la direction de « La République française » est considéré comme ayant été officiellement légué aux musées français par son premier propriétaire, Joseph Reinach. Pourtant, selon Alexandre Bronstein, aucun document ne permettrait de prouver la réalité de ce don.

A la direction de « La République française » avait été commandé en 1890 par Joseph Reinach lui-même. Cet avocat, qui fut aussi député et journaliste, y est d’ailleurs représenté aux côtés des dirigeants du journal La République française fondé par Léon Blum en 1871. Connu pour son rôle dans l’affaire Dreyfus, Joseph Reinach fut aussi un amateur et collectionneur d’art éclairé. En juillet 1920, à la rédaction de son testament, il lègue aux musées du Louvre et du Luxembourg plusieurs toiles d’Eugène Delacroix, Gustave Courbet, Claude Monet ou encore Vincent Van Gogh. Mais, selon L’Express, certains noms d’artistes mentionnés sur ce document avaient été rayés, celui d’Henri Gervex notamment. Ce qui, d’après Alexandre Bronstein, signifie que le don de son aïeul ne comporte pas A la direction de « La République française », les autres œuvres raturées étant demeurées dans sa famille.

En août 2010, Guy Cogeval, président de l’Etablissement public du Musée d’Orsay et du Musée de l’Orangerie, avait assuré par courrier à l’héritier que l’Etat était le propriétaire légal du tableau litigieux. Il se référait alors à une lettre du ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, datant de mars 1920 et remerciant Joseph Reinach d’avoir cédé La République de Gervex. Toutefois, Alexandre Bronstein affirme ne pas avoir connaissance d’un acte par lequel son aïeul aurait annoncé ce don. L’Express précise, enfin qu’aucun numéro d’entrée au Musée du Luxembourg n’est connu pour cette toile et qu’il en est de même concernant les procès-verbaux des délibérations obligatoires pour l’acceptation de ce tableau.

En septembre 2011, Alexandre Bronstein a écrit à Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, afin de réclamer la restitution du tableau. Sa requête n’a pas encore reçu de réponse, bien qu’il ait menacé de porter plainte en cas de refus. Par ailleurs, Alexandre Bronstein aurait découvert d’autres œuvres dont la propriété serait problématique. Ce qui peut s’expliquer par le fait qu’une part importante de la collection Reinach avait été spoliée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. On se souvient également que plusieurs tableaux de cette collection avaient été retrouvés lors de la perquisition menée, en novembre 2010, à l’Institut Wildenstein.

Légende photo

Henri Gervex, A la direction de "La République française", 1890, huile sur toile, 217 x 156 cm, Musée d'Orsay, Paris.

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