Dimanche 8 décembre 2019

Droit de réponse : CMA-CGM, (Compagnie maritime d’affrètement-Compagnie générale maritime)

Le Journal des Arts

Le 18 janvier 2012 - 853 mots

Suite à votre article « Dunand prend le large » du numéro 360, CMA-CGM tient à rétablir certaines vérités sur les laques de Dunand et la statue le Génie de la Mer du sculpteur Carlo Sarrabezolles.

En effet, la société CGM (devenue CMA-CGM) avait conclu en octobre 1995 un contrat d’apport avec l’Association French Lines afin de confier à cette dernière une partie de son patrimoine maritime, n’incluant ni les laques de Dunand (intitulées La Pêche et La Conquête du cheval) ni la statue du Génie de la Mer. Il était donc clair que la propriété de ces œuvres n’était pas transférée à l’Association French Lines.

Avant leur emmurement, les laques de Dunand étaient visibles au Musée d’art moderne de la Ville de Paris avec la mention « Dépôt de la Compagnie Générale Transatlantique [devenue CGM puis CMA-CGM] ». Or, et contrairement à vos dires, un dépôt n’est pas une donation. Le principe gouvernant le dépôt est la restitution de la chose (et même la réparation des détériorations subies par la chose). Le Groupe CMA-CGM souhaita mettre fin à ce dépôt et en fit la demande en 2003 à la Ville de Paris et à la directrice du Musée, Mme Suzanne Pagé à l’époque, fonctionnaire reconnue qui ne se serait pas séparée d’œuvres dont le musée n’aurait pas été simplement le dépositaire. Il lui a été garanti par CMA-CGM que ces œuvres seraient restaurées, conservées en France et exposées.

De même, contrairement à ce qui est expliqué dans votre article, la statue du Génie de la Mer n’était pas oubliée puisqu’en 1994 (soit un an avant le contrat de dépôt), la CGM l’avait mise à disposition du Port autonome du Havre. Au titre de cette convention de mise à disposition, il était clairement spécifié que le nom du propriétaire (à savoir CGM) devait apparaître au pied de la statue.

De convention expresse entre CMA-CGM et le Port autonome du Havre, ce dernier a restitué à la société CMA-CGM le Génie de la Mer, qui figure désormais au pied de la Tour de CMA-CGM, après restauration de sa patine qui n’avait jamais été remise en l’état, par un restaurateur agréé par les Musées de France, M. Wrobel.

CMA-CGM est ainsi propriétaire tant de la statue du Génie de la Mer que des laques de Dunand, et est reconnue comme tel par l’Association French Lines.

Par ailleurs, votre Journal semble s’inquiéter des conditions de restauration et de conservation des laques de Dunand. Or CMA-CGM a confié, sous la supervision de Danielle Giraudy, à l’époque déléguée générale de la Fondation d’entreprise CMA-CGM, cette restauration au meilleur spécialiste français de cette technique, M. Alain Gérard, responsable du Centre régional de restauration et conservation des œuvres d’art de Franche-Comté, qui en fit un constat d’état détaillé (réparations et retouches de l’état de surface, dérestaurations de dorures malencontreuses, redressement des ferrures de support, etc.), et travailla sur les deux panneaux avec son équipe pendant plusieurs mois, veillant, notamment, à respecter les différentes couleurs d’or apportées par le créateur.

De plus, notre société souhaite souligner que la climatisation de la salle des conseils a été équipée pour les besoins de conservation des laques de Dunand, d’une centrale de traitement d’air spécifique avec un système de régulation de l’hygrométrie et de la température, et que les stores assurent une protection UV permanente par gestion automatique de leurs positionnements en fonction de l’ensoleillement dans la salle.

Il est étonnant de voir critiquée la remise en état d’œuvres prévues pour le Normandie alors qu’elles ont été enfin restaurées et présentées au public.

L’amalgame avec Renaud Muselier et l’Institut du monde arabe, ainsi qu’avec le maire de Marseille fait entrevoir une tentative de polémique qui tente vainement de politiser une action en faveur de l’art et du mécénat, et poursuit la campagne défavorable dont Marseille est victime dans la presse.

En conclusion, nous sommes très étonnés par vos critiques insidieuses et tentatives de polémique autour de CMA-CGM et de son président, Jacques R. Saadé. La société CGM, déficitaire à l’époque, a été privatisée sur décision du ministre des Finances en faveur de la société CMA, qui présentait le meilleur projet industriel. En deux années seulement, la CGM a été renflouée et le groupe CMA-CGM est devenu aujourd’hui le premier armateur français et le troisième mondial. Tous ces faits auraient pu être très simplement vérifiés.

CMA-CGM
 

Le droit de réponse de la CMA-CGM appelle quelques remarques. Il omet en effet de répondre à plusieurs questions soulevées par notre article, comme celle de savoir de quel titre la CMA-CGM s’est prévalue pour exiger les laques de Dunand. Il ne nous précise pas davantage pourquoi cette demande n’a été formulée qu’en 2003, alors que la privatisation avait eu lieu en 1996. Enfin, le texte évite de nous éclairer sur la manière dont la CMA-CGM s’est opposée au versement de ces pièces majeures au patrimoine de French Lines, une association pourtant créée dans le but de sauvegarder le patrimoine des anciennes compagnies maritimes publiques, et qui a été à l’origine de la redécouverte de ces laques oubliées plusieurs années seulement après la privatisation de la CGM.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°361 du 20 janvier 2012, avec le titre suivant : Droit de réponse : CMA-CGM, (Compagnie maritime d’affrètement-Compagnie générale maritime)

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