Nombreuses réactions après les destructions jihadistes à Mossoul

Par Chiara Longo · lejournaldesarts.fr

Le 31 juillet 2014 - 352 mots

BAGDAD (IRAK) [31.07.14] - Les jihadistes de l’Etat islamique (EI) expliquent dans un communiqué que les destructions qu’ils ont commises à Mossoul sont légitimes car les sanctuaires commémorant des défunts seraient proches de l’idolâtrie.

Le groupe radical sunnite a expliqué dans un communiqué du 29 juillet 2014 les raisons qui, selon eux, légitiment les destructions commises dans la région de Mossoul ces deux derniers mois.

Les membres de l’Etat islamique (EI) se rattachent à l’idéologie d’Abdel Wahhab, fondateur au XVIIIe siècle du wahhabisme, une forme stricte de l’islam, qui avait détruit un dôme érigé sur la tombe d’Ibn al-Khattab (VIIe siècle), d’après lui objet d’idolâtrie. C’est pour cette raison, expliquent les jihadistes, que l’EI a détruit, entre autres, la tombe du prophète Jonas (24 juillet) et le sanctuaire de Seth (25 juillet), considérés idolâtres.

Les membres de l’EI, derrière le calife autoproclamé Abou Bakr Al-Baghdadi, prévoient maintenant de détruire le « bossu », un minaret incliné du XIIe siècle, caractéristique de Mossoul, devenue le 9 juin capitale du « califat ». Le « bossu » est un monument très important pour les habitants de Mossoul qui, à l’annonce de la prochaine destruction, se sont réunis autour du minaret pour former une chaîne humaine.

Harith al-Dhari, président du comité des oulémas musulmans, principale organisation sunnite du pays, a condamné dans un communiqué ces destructions qu’il qualifie « d’immense perte pour la population de Mossoul qui voyait ces mosquées comme des lieux emblématiques […] comme partie de sa culture et de son histoire ». Harith al-Dhari était pourtant très proche de l’Etat islamique : fin juin, il avait même appelé les femmes irakiennes à se donner aux combattants de l’EI en pratiquant le jihad nikah (la « prostitution sacrée »).

Outrés par la destruction de leur patrimoine, les habitants de Mossoul s’organisent pour résister au sein de brigades (Kataeb al-Mossoul). L’AFP rapporte les propos du gouverneur de Mossoul qui appelle à l’aide étrangère : « Les brigades de Mossoul n'ont pas actuellement de financement […] (mais) si elles obtiennent de l'aide, elles peuvent vaincre l'EI car elles ont le soutien de la population. »

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque