Dimanche 25 février 2018

Elle, par bonheur, et toujours nue

L'ŒIL

Le 28 janvier 2008

C’est un petit livre – entendez : bref – dans lequel on entre comme dans une après-midi d’été, quand la lumière traverse les feuilles des platanes et tombe, verte et transparente, sur les graviers d’une terrasse. Un livre de couleurs et d’orages, poétique et passionné, qui use d’un langage désuet, celui des sensations et des sentiments, un livre d’amour fou, celui de Marthe, sa compagne, pour Pierre Bonnard, du narrateur d’aujourd’hui pour Marthe, de Bonnard pour la peinture. L’histoire d’une vie double, celle du peintre et de son modèle et l’histoire d’un siècle de coups de pinceaux. Il y a beaucoup de manières de se poser la question « qu’est-ce-ce que la peinture ? », cette aventure dont le mystère n’est jamais élucidé et que les mots, les pauvres mots, s’évertuent à cerner avec des succès divers. Bonnard, lui, pensait que peu de gens savaient voir et que s’ils avaient su regarder, ils auraient compris la peinture. Guy Goffette y parvient avec des mots légers vibrants comme des touches de couleur, des mots qu’aurait sûrement compris Bonnard qui disait : « Je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l’an 2000 avec des ailes de papillon ».

Guy Goffette, Elle, par bonheur, et toujours nue, éd. Gallimard/Folio, 2002, réédition d’un texte précédemment paru dans la collection « L’un et l’autre ».

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°538 du 1 juillet 2002, avec le titre suivant : Elle, par bonheur, et toujours nue

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