Vendredi 19 octobre 2018

Botticelli

Icône de la Renaissance

Par Jean-Christophe Castelain · L'ŒIL

Le 1 décembre 2005 - 391 mots

Les livres sommaires sur l’art ancien masquent parfois leur superficialité par un récit romancé et définitif qui laisse croire que leurs auteurs en savent long sur leur sujet. Or les sources en histoire de l’art sont souvent lacunaires, a fortiori pour les périodes anciennes. À l’inverse, les livres trop savants perdent leurs lecteurs dans des subtilités pour doctes universitaires.

Cette nouvelle monographie sur Sandro Botticelli (1445-1510), écrite par un conservateur du musée des Offices à Florence évite ces deux handicaps. L’auteur est reparti de l’étude systématique de toutes les sources d’archives pour retracer le parcours de cet artiste de la seconde génération de la Renaissance italienne. Mais s’il met un point d’honneur à justifier chaque affirmation par des documents, son écriture reste fluide et narrative. On mesure alors combien l’histoire de l’art est une véritable science. Chaque pièce est susceptible d’apporter une lecture différente sur l’œuvre de l’artiste.

Facétieux et dilettante
Célibataire et sans enfants, le Florentin a ainsi habité toute sa vie dans la même maison où se côtoyaient parents, frères et neveux. Sandro di Mariano di Vanni Filipepi emprunte en réalité son surnom à son frère, sans que l’on en sache d’ailleurs le sens. Son atelier, installé au domicile familial, accueillait de nombres aides et apprentis dont Filippino Lippi avec lequel se posent de nombreux problèmes d’attribution. Vasari dit de lui qu’il était facétieux, moqueur et dilettante. Identifier sa main parmi celles de ses aides dans les grandes compositions est un casse-tête pour les spécialistes.
Icônes grand public, les célébrissimes Allégorie du Printemps et Naissance de Vénus ne font pas toute l’œuvre de Botticelli. C’est oublier ses nombreux portraits et retables, ou encore ses figures de pontife dans la Chapelle Sixtine à Rome. Son style, résolument linéaire, fait de contours nets et de couleurs en aplat, reste encore imprégné du gothique. Les personnages, alignés en frise comme dans Le Printemps semblent flotter. Les draperies manquent de réalisme. Pour les uns Botticelli incarne la fraîcheur et la naïveté du Quattrocento, pour les autres son art est trop sec.

Avec des textes intelligents et plaisants et des illustrations de bonne qualité, l’ouvrage est la monographie de référence sur Botticelli. Mais son prix (140 €) est aussi imposant que son poids .

Alessandro Cecchi, Botticelli, Actes Sud / Motta, 384 p., 250 ill., sous coffret, 120 € jusqu’au 31 janvier, 140 € ensuite.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°575 du 1 décembre 2005, avec le titre suivant : Botticelli

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