Une biennale mature

Le salon de la céramique renforce le marché français

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 22 octobre 1999

Fréquentation en hausse (près de 10 000 visiteurs, contre 7 000 il y a deux ans)
pour la deuxième édition du Salon international de la céramique et des arts du feu, qui s’est tenue à l’hôtel
Dassault du 29 septembre au 3 octobre. Les marchands se sont dans l’ensemble montrés satisfaits de cette manifestation bien organisée et de très bonne tenue. Petite déception, cependant, du côté des spécialistes en céramiques contemporaines.

PARIS - La valeur n’attend pas le nombre des années : le Salon international de la céramique de collection et des arts du feu l’a prouvé dès son premier anniversaire, en offrant aux amateurs une sélection de pièces exceptionnelles, parmi lesquelles un service de 65 pièces de la Compagnie des Indes à décor bleu et blanc proposé par Luis Alegria (Porto), une délicate assiette à décor polychrome d’Urbino – bleu, jaune, vert – datant de 1550, que présentait Pierre-Richard Royer (Paris), ou le saladier de forme contournée en faïence de Nevers, à décor polychrome dit à “l’arbre d’amour”, en bonne place sur le stand de Nelly Fouchet (galerie Arcanes, Paris). Les visiteurs sont venus nombreux dès la soirée de vernissage, qui a attiré plus de 800 personnes. La fréquentation de cette deuxième édition a nettement dépassé celle de la première : près de 10 000 visiteurs, contre 7 000 en 1997). La clientèle était en majorité française, même si quelques amateurs venus d’Italie, d’Allemagne, du Portugal, d’Espagne et de Grande-Bretagne ont passé le porche de l’hôtel Dassault. Les Américains se sont, eux, montrés très discrets. Plusieurs marchands, dont Antoine Lebel et Philippe Couque, ont regretté le faible nombre de collectionneurs étrangers. Vincent L’Herrou semblait plus enthousiaste que ses deux confrères. “Le salon a atteint sa vitesse de croisière et amplifié le succès rencontré dès la première édition, affirme-t-il. Les exposants ont fait un réel effort pour présenter des pièces de qualité.” Dès le soir du vernissage, il avait vendu cinq pièces, dont une étonnante terrine en faïence provenant d’Allemagne du Nord et un flambeau de Delft (1680).

Des tabatières entre 3 000 et 50 000 francs
La plupart des marchands semblent avoir bien travaillé, les transactions portant sur des pièces dans une fourchette de prix de 5 000 à 150 000 francs. Ainsi, Bertrand de Lavergne a cédé une cinquantaine de tabatières entre 3 000 et 50 000 francs, mais aussi une paire de statuettes représentant des Européens. Ces figurines très rares, datant de 1760, sont inspirées des productions de la fabrique de Meissen. Philippe Boucaud se présentait comme un exposant heureux, insistant sur l’atmosphère chaleureuse du salon et la configuration des lieux qui favorise la confidentialité des affaires. Le marchand grassois s’est séparé de pièces entre 3 000 et 100 000 francs. Pierre-Richard Royer signale avoir vendu principalement le premier jour. “Le vernissage a été euphorique, souligne-t-il. La clientèle des jours suivants, essentiellement composée de Français, s’est montrée plus réservée. Le salon, qui arrive presque à maturité dès la deuxième édition, est appelé à devenir une manifestation attendue par les grands collectionneurs européens.”

Les marchands de pièces du XXe siècle, comme Michel Cabotse ou Dominique Lestringant, semblaient en revanche déçus. “C’est un salon trop classique pour moi, remarquait cette dernière, qui exposait des céramiques de Picasso. En outre, le parcours était plutôt mal conçu.” Elle a néanmoins cédé quelques pièces entre 15 et 45 000 francs.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°91 du 22 octobre 1999, avec le titre suivant : Une biennale mature

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