Jeudi 12 décembre 2019

Les vertus du plein air

Le paysage français à l’honneur chez Talabardon & Gautier

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 27 septembre 2002 - 360 mots

À travers une quarantaine de tableaux signés François Marius Granet, Paul Huet ou Jean-Baptiste Camille Corot, la galerie Talabardon & Gautier rend hommage à la peinture de plein air, un genre qui, de mineur, devenait académique en 1817 avec la création du prix de Rome de paysage historique.

PARIS - Au tournant des années 1780, Pierre Henri de Valenciennes joue un rôle précurseur en prônant l’étude à l’huile en plein air. Cette leçon est mise à profit par Jean-Joseph Xavier Bidauld, Simon Denis, Alexandre Hyacinte Dunouy, Pierre Athanase Chauvin ou François Marius Granet, suivis ensuite par une seconde génération d’artistes, dominée par la figure de Jean-Baptiste Camille Corot et à laquelle appartiennent Caruelle d’Aligny, Jean-Charles Rémond, Jules Coignet et Amédée Bourgeois. Tous ces artistes sont à l’honneur à la galerie Talabardon & Gautier qui met en exergue les paysages français du XIXe siècle. Pièce phare de l’exposition, Rome, vue prise de la fenêtre de l’artiste (décembre 1825) signée Corot a déjà trouvé un acquéreur. Mais le montant et l’identité de l’acheteur sont tenus secret. De petit format, la toile révèle la toute première impression que Corot, alors en proie au mal du pays, eut de Rome en 1825. L’artiste nous offre une vision bien différente des vues lumineuses qu’il réalise par la suite en Italie. Autre souvenir de l’Italie, l’Étude de la campagne romaine au crépuscule (1804), de Granet, est d’une construction très originale. Plusieurs œuvres de Pierre Henri de Valenciennes sont également présentées, telles Vue du lac de Nemi avec un joueur de flûte, Vue d’un lieu boisé avec un cerf et deux figures ainsi que Paysage pastoral, Daphnis et Chloé. Le Petit Paysage panoramique de Théodore Rousseau est proposé à 36 000 euros et L’Église Sainte-Françoise-Romaine d’Amédée Bourgeois à 90 000 euros. De Richard Parkes Bonington, dont la brève carrière s’est déroulée essentiellement en France, figure un Paysage au soleil couchant (1826) d’une étonnante clarté, probablement exécuté à l’occasion de ses fréquents séjours dans la Somme.

- LE PAYSAGE FRANÇAIS DE VALENCIENNES À BONINGTON, jusqu’au 26 septembre, galerie Talabardon & Gautier, 134 rue du faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, tél. 01 43 59 13 57, tlj sauf dimanche 15h-19h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°155 du 27 septembre 2002, avec le titre suivant : Les vertus du plein air

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