Jeudi 12 décembre 2019

Ventes publiques

SALON

Les jeunes marchands réussissent leur examen de passage

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 4 janvier 2019 - 521 mots

PARIS

Pour la première édition de la manifestation chez Sotheby’s, les jeunes antiquaires avaient choisi avec soin leurs pièces, dont certaines ont séduit des collectionneurs.

Paris. Après Tajan l’an dernier, c’est Sotheby’s qui a repris le flambeau et mis à disposition ses espaces d’exposition pour que les jeunes marchands puissent présenter leurs trouvailles, du 17 au 20 décembre. À cette occasion, ils se sont donnés du mal pour être à la hauteur. La volonté de la maison de ventes américaine de s’ouvrir à la jeunesse était une vraie aubaine pour eux : jouant le jeu, Sotheby’s n’a pas hésité à communiquer largement sur l’événement « en envoyant une newsletter à ses clients », a indiqué Alexandre Piatti, permettant à ces jeunes loups de bénéficier de sa prestigieuse clientèle. Aussi, le soir du vernissage, le public était nombreux et même les grands marchands parisiens, comme les frères Kugel, Benjamin Steinitz ou Jacques Lacoste avaient fait le déplacement. Dommage cependant que l’ouverture ait été reportée du samedi au lundi pour cause de « Gilets jaunes » empêchant certains clients repartant en fin de week-end de venir. Dans le vaste espace de la galerie Charpentier, sur le modèle d’un « open space », chacun des 30 participants avait pris possession de son stand (8 m2), avec parfois quelques pièces mélangées. En pénétrant dans le lieu, on était surpris – pour un événement estampillé « jeunes marchands » – de constater que la présentation était largement dominée par l’art ancien. Sans doute s’attendait-on à voir davantage d’art moderne ou de design…

Une exposition de pièces de collection sans vente officielle

Petite subtilité, Sotheby’s ne disposant pas d’un dispositif de sécurité comme n’importe quel salon, l’événement n’avait pas vocation à être un lieu de vente, mais seulement d’exposition. « Sotheby’s fonctionne selon un modèle particulier. Elle peut seulement conclure des partenariats pour des non selling exhibitions, a expliqué la maison de ventes.« Les œuvres ont été réservées par les clients, on s’est tapé dans la main mais on n’a pas amené notre TPE ! »,a plaisanté l’un des participants. Plusieurs œuvres ont été réservées dès le vernissage : deux assiettes du service de Cambacérès en porcelaine de Sèvres (1805) chez Maxime Charron ; une miniature de grande dimension à l’effigie de Pauline Beaucousin Petit de Bantel, par Edmé Rousseau, 1846 (4 000 €). Et plusieurs pièces ont suscité un fort intérêt : de la part d’un collectionneur de l’Empire pour une redécouverte, une miniature d’Émilie Louise de Beauharnais, 1812, par Nicolas Jacques (7 500 €) chez Thierry Jaegy ; Jeune Béarnais d’après Isidore Pils, certainement par l’un de ses élèves (2 500 €) chez Benoît de Lardemelle ; un chapiteau romain et un vase égyptien en albâtre (entre 600 et 5 000 €), ainsi qu’un Torse de Bacchus enfant en marbre (24 000 €) chez Laura Bosc de Ganay (Arteas) réjouie par de nouveaux contacts avec des Français, « puisqu’à 95 %, ma clientèle est étrangère ». Benoît Charraudeau, le seul à présenter un meuble design – un buffet bas de Charlotte Perriand (18 000 €) – s’est dit ravi de cette initiative : « il était primordial que nous, jeunes marchands, nous nous connaissions entre nous, ce qui est chose faite. »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°514 du 4 janvier 2019, avec le titre suivant : Les jeunes marchands réussissent leur examen de passage

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