Insolite

L’astuce d’une compagnie chinoise pour acheter une oeuvre de Michel-Ange à 75 millions $

Par Elise Kerner-Michaud · lejournaldesarts.fr

Le 23 novembre 2018 - 252 mots

NEW YORK / ETATS-UNIS

Le groupe Yulong Eco-Materials Limited (YECO) va émettre des actions attribuant la co-propriété de l’œuvre aux actionnaires.

Détail de la Crucifixion de Michel-Ange
Détail de la Crucifixion (ou Pietà ?) de Michel-Ange censée être achetée par le groupe YECO à un collectionneur privé. Malgré nos recherches, nous n'avons trouvé aucune information sur sa date, son support (carton ou dessin ?) ni ses dimensions.
© photo Yulong Eco-Materials Limited / Globenewswire

Une entreprise chinoise de recyclage de matériaux de construction a signé une promesse de vente à hauteur de 75 millions de dollars (65 millions d’euros) pour acquérir une Crucifixion peinte par Michel-Ange, jusqu’alors en possession d’un particulier. 

Pour réaliser cet achat, la société Yeco va émettre 7,5 millions d’actions à 10 dollars chacune (8,7 euros), permettant aux acquéreurs de ces parts de devenir co-propriétaires de l'oeuvre. Le communiqué de presse du groupe précise que la vente reste conditionnée à l’approbation des actionnaires, ainsi qu’à l’authentification documentée de l’œuvre et son expertise. 

La Crucifixion de Michel-Ange
La Crucifixion (ou Pietà ?) de Michel-Ange censée être achetée par le groupe YELCO à un collectionneur privé. Malgré nos recherches, nous n'avons trouvé aucune information sur sa date, son support (carton ou papier ?) ni ses dimensions.
© photo Yulong Eco-Materials Limited (YECO) / Globenewswire

Le directeur exécutif de la compagnie, Daniel Mckinney, s’enthousiasme : « L’histoire qui entoure Michel-Ange et ce chef-d’œuvre n’a cessé de nous émerveiller » et le communiqué de presse souligne que le processus d’acquisition offre au plus grand nombre la possibilité d’accéder à la propriété d’œuvre d’art. Deux arguments, souvent énoncés pour ce type d’acquisition reposant sur l’émission de parts, qui ne sauraient masquer la logique spéculative de l’opération. La volonté de développer la valeur de l'oeuvre grâce aux expositions et à une couverture médiatique renforcée, est d’ailleurs revendiquée. 

Le Financial Times rappelle que la compagnie avait déjà engagé un tournant dans ses activités avec l’acquisition du Millenium Sapphire pour 50 millions de dollars (43,8 millions d’euros) et les nombreux projets associés à l’objet : expositions, jeux vidéo et films. Une décision qui avait permis de faire ponctuellement grimper la valeur de l’action de 670 %. 
 

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