La première FIAC de la porte de Versailles

L'ŒIL

Le 1 septembre 1999

Le jeu est désormais bien rodé. Non sans quelques raisons, chaque année à la même époque, les médias lancent une croisade contre la FIAC aidés en cela par plusieurs galeries dissidentes s’étonnant avec sérieux du peu de crédit que rencontre cette foire à l’étranger.

Il est vrai que le relatif discrédit de cette manifestation s’enracinait dans un certain nombre d’errements et d’erreurs qui à la longue se révèlaient préjudiciables à sa renommée. Pêle-mêle, chacun s’accordait à trouver le choix des participants trop franco-français, la communication trop souvent orientée vers une côterie huppée incapable de différencier une foire d’antiquaire d’un salon d’art contemporain. D’autres conspuaient sa situation quai Branly, endroit trop bruyant et fort peu adapté aux hordes de visiteurs. Enfin, plus perfidement, quelques-uns dénonçaient le mode de sélection des galeries avant de s’interroger sur la future ligne de la FIAC : ligne historique ou contemporaine. Toutes ces critiques, même si elles étaient en partie fondées, dénotaient surtout un malaise général, celui d’une profession nageant encore dans un certain « marasme ». Cette année la FIAC s’installe pour la première fois Porte de Versailles dans le Pavillon du Parc de Paris-expo. Pour les membres du COFIAC – comité d’organisation et de sélection – ce déménagement marque le renouveau de la FIAC. Pensez-donc : 180 galeries (une augmentation de près de 40 %) des espaces aérés, des salons réservés aux professionnels, bref toutes les conditions pour enfin se hisser au rang des plus prestigieuses foires internationales. Afin de marquer à sa juste mesure l’événement, l’Amérique latine est l’invité d’honneur de cette édition avec 30 galeries (de l’Argentine au Mexique en passant par le Brésil, Pérou ou Cuba). Consacrer le renouveau de la FIAC entraîne aussi la création de quelques temps forts. C’est ainsi que le visiteur découvrira un espace consacré à la photographie, un secteur « Perspectives » (lieux de concentration pour les jeunes galeries), une sélection d’éditeurs d’estampes originales entérinant de ce fait la future mort du SAGA, un espace intitulé « FIAC sculptures et installations » directement inspiré de celui de la foire de Bâle, et enfin la présentation d’une partie de la collection du FRAC Pays de Loire. Tout cela participe d’une indéniable bonne volonté et l’on peut à juste titre se réjouir de cette mutation radicale qui devrait mettre définitivement fin à l’autodénigrement continuel des galeries françaises. Comme le déclare un galeriste : « Il faudrait cesser de se lamenter. Il existe un vrai marché français même s’il demeure encore fragile dans certains domaines et que son niveau reste de toute façon inférieur à l’Allemagne ou aux États-Unis. Mais de nombreux signes attestent d’une reprise. Ainsi, toute une jeune génération découvre actuellement la joie d’être collectionneur sans doute grâce à la FIAC. Parfois ils achètent directement, mais le plus souvent ils reviennent concrétiser ultérieurement leurs envies dans l’espace de la galerie. » Reste à savoir si la COFIAC saura répondre aux engagements qu’elle s’est fixés.

PARIS, Porte de Versailles, 15-20 septembre. Pour en savoir plus, voir guide pratique et notre article sur la collection Billarant p. 46.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°509 du 1 septembre 1999, avec le titre suivant : La première FIAC de la porte de Versailles

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