Foire & Salon

La foire St-Art à Strasbourg renforce son identité

Par Louise Wagon · lejournaldesarts.fr

Le 24 novembre 2023 - 530 mots

STRASBOURG

Un premier tour de piste montre que le salon strasbourgeois qui se tient jusqu’à dimanche est fidèle à lui-même.

La 26e édition du salon St-Art à Strasbourg.
Entrée de la 26e édition du salon St-Art à Strasbourg.
© Photo Bartosch Salmanski
Courtesy St-Art

Depuis hier et durant 3 jours, Strasbourg accueille la 27e édition de la foire St-Art dans un lieu particulier : le Parc des Expositions, un bâtiment écoresponsable au cœur du quartier des Institutions Européennes, inauguré en 2022 et signé par le japonais Kengo Kuma. Fondée il y a vingt-six ans, elle est l’une des plus anciennes foires d’art en région.

St-Art affirme plus que jamais son positionnement en mettant en avant un ancrage régional fort et offrant une plateforme aux talents émergents. Cinquante-six galeries sont venues de toute l’Europe et parfois de plus loin encore, à l’instar de la coréenne H.A.N Gallery. La foire a renoué avec ses racines strasbourgeoises en accordant une attention particulière aux établissements alsaciens et en présentant des galeries locales.

Parmi les galeries alsaciennes, on peut citer la Kraemer Gallery qui présente des artistes étonnants comme les Ivoiriens Aboudia ou Saint-Etienne Yeanzi, ou la galerie Sandra Blum qui dévoile le travail minutieux sur porcelaine de Rose-Marie Crespin. Autre fidèle, la Galerie J-P Ritsch-Fisch, spécialisée dans l’Art brut et l’Outsider art, qui organise une conversation entre des pièces d’art brut de Carlo Zinelli (1916-1974). Venue du Grand-Est, la Galerie PJ de Metz participe pour la première fois à St-Art et présente une série de Dominique Funès, A grands pas (2022). Les œuvres de l’artiste présentent un cadrage original en ne représentant que le profil du bas d’une jambe, vêtue d’un pantalon et d’une chaussure, dans un décor vague et intemporel : un relief lumineux, des rochers, des laves volcaniques, sans traces d’humanité visibles.

La 26e édition du salon St-Art à Strasbourg. © Photo Bartosch Salmanski
La 26e édition du salon St-Art à Strasbourg.
© Photo Bartosch Salmanski
Courtesy St-Art

La diversité des styles et des prix permet à la foire de toucher un large public, des collectionneurs débutants aux collectionneurs plus confirmés. « On encourage les galeries à venir défendre de jeunes pousses de l’art, on essaie d’être au démarrage, à l’amorçage, avec des œuvres débutant à 2 000 euros », explique Christophe Caillaud-Joos, le directeur de la foire.

St-Art ne se contente pas de présenter des œuvres d’art, elle les met également en scène et en dialogue. Pour renforcer son identité alsacienne, elle a invité plusieurs artistes locaux à réinventer une œuvre majeure du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg, La Belle Strasbourgeoise (1703), une peinture à l’huile de Nicolas de Largillierre, portraitiste du XVIIIe siècle. Les résultats de cette réinterprétation sont exposés durant la foire.

La foire accueille plusieurs projets partenaires, tels que l’Industrie Magnifique, qui expose une sélection d’œuvres, d’installations et de sculptures monumentales ou le projet « Guernica Ukraine » visible dans le grand couloir d’entrée du Parc des Expositions. En réponse à l’appel du président ukrainien Zelensky, qui en avril 2022 exhortait les acteurs culturels du monde entier à soutenir son pays, Baudouin Jannink, éditeur d’Art à Paris, a sollicité l’artiste Jean Pierre Raynaud, pour réaliser une œuvre de la même taille que le tableau Guernica réalisé par Picasso en 1937. L’œuvre de Jean Pierre Raynaud fait face à la reproduction en taille réelle de cette dernière. Elle a été offerte à l’Ukraine, le 24 février 2023 lors de l’inauguration d’une première exposition de deux mois dans la cour de l’Université de la Sorbonne à Paris.

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