Mercredi 21 février 2018

Des oiseaux rares chez Sotheby’s

Dernières planches de la collection Jeanson

Le Journal des Arts

Le 16 novembre 2009

Les ultimes pièces d’une des plus belles collections d’ornithologie jamais constituée seront mises en vente chez Sotheby’s Londres le 13 décembre. Rassemblés entre 1885 et 1942 par l’industriel parisien Marcel Jeanson, ces livres, gravures et aquarelles comprennent notamment une série de dessins sur vélin exécutés par Nicolas Robert au XVIIIe siècle.

LONDRES (de notre correspondante) - Sotheby’s a déjà dispersé une partie importante de la collection Marcel Jeanson au cours de deux ventes organisées en 1987 et 1988. À une époque où le marché était très soutenu, de nombreux lots avaient atteint des sommes dix fois supérieures à leur prix de réserve. Le total de ces vacations s’était élevé à 6,7 millions de livres. La collection ayant été répartie entre les enfants de Jeanson, les pièces mises en vente ce mois-ci seront les dernières.

Les amateurs devraient surtout se disputer cinquante-huit aquarelles sur vélin dues à Nicolas Robert, le dessinateur attitré de Louis XIV pour l’ornithologie. Son graphisme réaliste, d’une extrême précision, témoigne de la fascination que commençait à exercer la nature au milieu du XVIIe siècle et de la volonté de l’enregistrer dans toute sa variété. À cette fin, des spécimens vivants et morts étaient rapportés du monde entier pour la ménagerie royale.

Il a été possible d’identifier la plupart des espèces représentées, à l’exception d’un petit nombre d’oiseaux trop déformés par les taxidermistes de l’époque. Ces dessins sont d’une exécution bril­lante, et Nicolas Robert fait preuve d’une capacité d’attention digne d’un miniaturiste, notamment dans le rendu du plumage. La majeure partie des originaux de Robert sont conservés au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, et l’on ignore comment ces exemplaires sont parvenus entre les mains de Marcel Jeanson. Les estimations de Sotheby’s pour cette série de vélins sont modestes – de 3 000 à 15 000 livres (24 000 à 120 000 francs) – et n’ont rien de commun avec les prix enregistrés en 1987 et 1988.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°31 du 1 décembre 1996, avec le titre suivant : Des oiseaux rares chez Sotheby’s

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