Pays-Bas - Foire & Salon

Arts anciens et design sont à la TeFaf

Par Marie Potard · L'ŒIL

Le 26 février 2024 - 851 mots

Réputée pour sa sélection d’antiquités, la foire hollandaise ouvre ses portesà Maastricht du 9 au 14 mars, avec une belle place accordée à la peinture.

La plus grande foire d’art et d’antiquités au monde, tant par sa taille que par sa renommée, revient pour une 37e édition avec 274 exposants venus de 22 pays. Couvrant 7 000 ans d’histoire de l’art, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, la foire est réputée pour ses sections consacrées aux arts anciens – en faisant la part belle aux tableaux. Une dose de sang neuf est injectée cette année puisqu’une trentaine de marchands – 23 sont nouveaux et 11 reviennent après une ou plusieurs années d’absence – se sont joints à la manifestation. Plusieurs changements interviennent. Le premier est le raccourcissement de la foire, qui passe de 9 à 6 jours avec, ainsi, un week-end en moins – ce qui n’est pas du goût de tous car les coûts de location des stands restent inchangés. Ensuite, une nouvelle section est lancée : Tefaf Focus. Les galeries sélectionnées, soit 9 en tout dont 5 sont françaises, ont l’opportunité d’axer leur présentation sur un artiste en particulier, pionnier dans son domaine ou à son époque, ou bien sur un concept novateur. Par exemple, la galerie ­Mitterrand (Paris), qui participe pour la première fois à la manifestation hollandaise, centre sa présentation sur le couple Lalanne. Enfin, la section Joaillerie subit quelques remaniements puisque certains des exposants qui auparavant étaient rattachés à la section Antiquités, car ils exposent des bijoux anciens, à l’instar d’Epoque Fine Jewels (Belgique), ­Véronique Bamps (Monaco) ou encore l’enseigne américaine À la Vielle ­Russie, ont été transférés dans ce secteur, qui compte 17 exposants contre 6 l’an passé. La section est désormais scindée en deux : à gauche de l’entrée, les bijoux historiques et à droite, la haute joaillerie, avec ­notamment Van Cleef & Arpels.

10 jeunes galeries

Les exposants français, eux, sont moins nombreux cette année, passant de 57 à 53. Plusieurs ne sont pas revenus tandis qu’un seul intègre la foire générale : Pascal Izarn, antiquaire spécialisé dans les pendules anciennes. Quant à la section Showcase, elle accueille, et ce depuis l’année dernière, 10 jeunes galeries ayant entre trois et dix ans d’existence, et non plus cinq ou six comme il était de coutume depuis 2008. Une seule française a été retenue, la galerie parisienne Louis et Sack, spécialisée dans les artistes japonais de la nouvelle école de Paris et l’art coréen contemporain.

400 000 €

En 1964, le Moma demande à l’artiste pop américain de réaliser sa carte de vœux. Robert Indiana lui propose simplement le mot « love », sur deux lignes, dans un format carré. Cette opération est couronnée de succès. En 1970, le musée d’art d’Indianapolis lui commande la première sculpture Love, qui va devenir une pièce iconique. Depuis, nombre de villes ont commandé la leur pour des espaces publics et elle a même été déclinée en plusieurs couleurs et plusieurs langues, comme ici, Amor, en espagnol.

 

Galleria d’Arte Maggiore,

Bologne.

480 000 €

Ce Saint Jérôme vient rejoindre le corpus très restreint de tableaux caravagesques de cet artiste anonyme, dispersés dans les musées du monde entier, et auxquel Roberto Longhi a attribué, en 1943, la dénomination conventionnelle de Pensionante del Saraceni. Aujourd’hui, le groupe comprend en tout huit œuvres. Ce terme de « pensionante » (pensionnaire ou locataire) de Saraceni trahit la proximité stylistique de l’auteur inconnu avec le vénitien Carlo Saraceni (1579-1620), à un moment où ce dernier séjourne à Rome, entre 1598 et 1619.

 

Galerie Canesso,

Paris.

110 000 €

Ce relief provient de l’ancienne collection de Paul Martin (mort en 1983), fondateur de la Galerie de France. Il a été sculpté pour le scribe royal de Ramsès II, ­Amenmosé, dont le tombeau, au pied du village de Khokha (Égypte), a été officiellement découvert en 1948 – un accès a cependant dû être ouvert avant car d’autres pièces sont conservées au British Museum depuis le XIXe siècle. Le relief semble provenir d’un montant de porte à l’intérieur de la tombe et en a probablement été retiré au XIXe siècle. Une statue d’Amenmosé est conservée au British Museum.

 

Kallos Gallery,

Londres.

2 M€

Cette toile s’inscrit en plein dans la période fauviste ayant fait la renommée du peintre néerlandais naturalisé français, Kees Van Dongen, qui a exposé avec les fauves au Salon d’automne de 1905. Les femmes sont la source d’inspiration la plus constante chez lui et le thème du nu, son sujet de prédilection. Contrairement aux autres peintres fauves qui représentent les paysages ensoleillés du sud de la France, lui, trouve son inspiration dans la vie citadine parisienne.

 

Bailly Gallery,

Genève.

800 000 à 1 M €

Acquise en 1930 à l’Hôtel Drouot par le grand collectionneur péruvien Arturo López Willshaw (1900-1962), cette commode inédite du célèbre ébéniste du roi Louis XIV, André-Charles Boulle, rejoint les appartements du baron Alexis de Redé (1922-2004) sur les conseils du décorateur Georges Geffroy. Ce dernier travailla tout au long de l’année 1949 au réaménagement de l’hôtel Lambert avec, notamment, la création de la bibliothèque.

 

Galerie Christophe de Quénetain,

Paris.

À voir
Tefaf - The European Fine Art Fair,
Mecc, Forum 100, Maastricht (Pays-Bas), du 9 au 14 mars.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°773 du 1 mars 2024, avec le titre suivant : Arts anciens et design sont à la TeFaf

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