Anisabelle Berès

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 22 novembre 2002

Cela fait presque trente années qu’Anisabelle Berès dirige la galerie éponyme au 25, quai Voltaire – à ses débuts avec sa mère Huguette Berès, une figure du marché de l’art international pour la peinture de la seconde moitié du XIXe siècle et les estampes japonaises (lire p. 23), en solo par la suite.

C’est tout naturellement qu’elle continue d’exposer les estampes japonaises aux côtés des nabis, ses deux amours hérités. “Les estampes japonaises m’ont toujours intéressée. Il est vrai que j’ai vécu avec...” Telle mère, telle fille, à quelques nuances de goût près. “Ma mère trouvait Utamaro merveilleux. Ce n’est pas ma préférence.” Anisabelle Berès se montre davantage sensible au travail des artistes Sharaku et Harunobu. Depuis un an, les estampes japonaises sont accrochées aux cimaises de la galerie du 35, rue de Beaune, nouvellement acquise. Cet espace leur est dédié et des expositions y sont prévues. “Je manquais vraiment de place pour montrer l’art japonais.”

Mais il n’est plus question d’exposition pour l’instant, car l’antiquaire souhaite “attendre un peu après la dispersion de la collection de [sa] mère”, un événement qui va certainement marquer le marché pendant longtemps. D’ailleurs, n’aurait-elle pas voulu elle-même en conserver quelques planches ? “C’était tentant, mais j’ai fait le choix de garder l’intégrité de cette collection et de la livrer entière sur le marché.” Si cet ensemble exceptionnel reste un modèle pour les collectionneurs, “il semble aujourd’hui beaucoup plus difficile de constituer une collection de cette importance. Les très belles œuvres sont devenues très rares et très chères. Les amateurs d’estampes japonaises devraient penser à constituer des collections thématiques sur des sujets comme la neige, la pluie ou les poissons par exemple.” Quant à savoir comment Anisabelle Berès constitue sa propre collection d’estampes, cela demeure un secret. Très discrète sur ce sujet, son large sourire en dit long sur sa passion.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°159 du 22 novembre 2002, avec le titre suivant : Anisabelle Berès

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