Vendredi 23 février 2018

Les banques ont prêté des sommes inconsidérées pour l’achat d’œuvres d’art

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 14 avril 2009

NEW YORK (ETATS-UNIS) [14.04.09] – Les prêts de banques pour l’investissement dans l’art auraient dépassé toute mesure durant les 10 dernières années, d’après une étude du Wall Street Journal.

D’après une enquête de Robert Frank du Wall Street Journal, de tous les prêts saugrenus accordés par les banques durant les 10 dernières années, la palme reviendrait aux prêts pour l’achat d’œuvres d’art. D’après lui, avec l’explosion du marché de l’art et l’envolée des prix, les collectionneurs, encouragés par les banques, ont massivement investi dans les biens artistiques, comme ils l’auraient fait dans l’immobilier. C’était sans compter sur le fait que le marché de l’art puisse également connaître une baisse de régime. Alors qu’UBS cesse son activité de conseil en investissement artistique, plusieurs foires d’art ancien et contemporain sont annulées cette année. A présent, les banques peinent à se faire rembourser leurs prêts.

L’autre phénomène que les banques et les groupes d’investissement n’avaient pas prévu, est la disparition des œuvres d’art. Début avril par exemple, J.P.Morgan Chase a poursuivi en justice l’homme d’affaires Louis Reijtenbagh, l’accusant de cacher ses Rembrandt, Picasso et autres chefs-d’œuvre hors des Etats-Unis, alors que le contrat stipulait qu’ils devaient rester dans son appartement de Manhattan. Ces œuvres garantissant un prêt de 23 millions de dollars non payé, se sont comme volatilisées.

En avril 2008 déjà, Robert Frank déclarait dans le même journal que les banques cessaient de prêter à de nouveaux collectionneurs. Jusqu’à cette date, l’envolée des prix des œuvres d’art avait été en partie alimentée par des crédits accordés très facilement par les banques et les fonds d’investissement, dès lors qu’il s’agissait d’achats d’œuvres d’art, puisque la valeur de l’art fournissait une garantie suffisante. En quelques années, les riches collectionneurs américains ont emprunté une somme estimée entre 2 et 3 milliards de dollars pour constituer leurs collections.

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