Les artistes de la Youth Biennale de Moscou « ont un rêve » : être payés

Par Emmanuel Grynszpan (correspondant à Moscou) · lejournaldesarts.fr

Le 17 février 2014 - 325 mots

MOSCOU (RUSSIE) [17.02.14] - La 4e édition de la biennale des jeunes artistes de Moscou qui doit ouvrir le 10 juillet prochain rencontre de sérieuses difficultés financières. Les artistes se plaignent d’être trop peu défrayés.

Cinq mois avant son ouverture, la 4e édition de la biennale des jeunes artistes de Moscou se retrouve prise entre deux feux. D’en haut pleuvent les menaces d’un arrêt du financement de l’art contemporain. D’en bas monte une pétition d’artistes et de curateurs en colère de n’être pas ou insuffisamment payés pour leur travail.

Les organisateurs viennent de retarder la date limite des dépôts de dossiers d’artistes au 10 mars prochain. « Nous avons reçu moins de propositions que nous aurions voulu », admet une source qui préfère rester anonyme. A cause de ses problèmes chroniques de financement, qui a été particulièrement visible lors de l’édition 2012, la réputation de la biennale des jeunes artistes se dégrade.

Une pétition a été postée sur le site art-leaks.org pour réclamer des défraiements décents pour les artistes et curateurs participant à la biennale. Signée par une vingtaine de personnalités russes, la pétition ironise sur le thème de la 4e biennale : « I have a dream » emprunté au célèbre discours de Martin Luther King par le curateur David Elliott. « L’un de nos rêve est d’être payés ! », signalent les pétitionnaires.

La direction de la Biennale n’a pas souhaité répondre aux questions du Journal des Arts. Ni réagir aux déclarations du ministre de la culture, Vladimir Medinski qui font frissonner le milieu russe de l’art contemporain.

« L’état ne soutiendra que l’art porteur d’une signification sociale » a déclaré Vladimir Medinski lundi dernier à l’agence Itar-Tass. « Il faut revoir les critères d’aide à la création. Cesser d’aider ce qui est élitiste et à la mode, et n’aider que ce qui correspond aux intérêts du pays ». Medinski précise toutefois qu’il n’a pas l’intention de limiter la liberté de création artistique.

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Logo de la 4e Biennale des jeunes artistes de Moscou - Source www.youngart.ru

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