Le temple de Tel-Motza révèle les croyances anciennes du royaume de Juda

Par Romain Bouvet · lejournaldesarts.fr

Le 3 janvier 2013 - 514 mots

MOTZA (ISRAEL) [03.01.13] – La découverte récente d'un temple non judaïque et vieux de 2 750 ans sur le site archéologique de Tel-Motza éclaire les archéologues sur les cultes célébrés dans le royaume antique de Juda, une période encore mal connue de l'histoire du Proche-Orient ancien.

C'est durant les travaux visant à la mise en place de l'autoroute Jérusalem – Tel-Aviv que les vestiges ont été mis au jour. Les fouilles aussitôt entreprises par le département israélien des antiquités sur le site de Tel Motza (quelques kilomètres à l'ouest de Jérusalem) ont depuis mis en évidence les restes d'un temple vieux de 2 750 ans. Une découverte digne d'intérêt, puisqu'il s'agit d'un des seuls exemples connus d'édifices cultuels datant de la période dite du royaume de Juda.

Si l'on se fie aux textes bibliques, qui sont pratiquement les seuls témoignages anciens de cette période, le royaume de Juda aurait été fondé à la mort du roi Salomon. Son fils Roboam se vit exclu du trône d'Israël par Dieu, en punition du manque de foi de son père. Le commandement de 10 des 12 tribus d'Israël aurait alors été donné par Dieu à Jéroboam – un serviteur de Salomon - qui fonda un nouveau royaume d'Israël. Seules les tribus de Juda et de Benjamin restèrent fidèles à Roboam, descendant de Salomon et du roi David. S'établissant à Jérusalem, Roboam fonda alors le royaume de Juda, créant ainsi un des premiers schismes de l'histoire.

Constitué de murs massifs, le bâtiment comprenait une large entrée orientée vers l'est, de façon à ce que les rayons du soleil levant illuminent la représentation de la divinité qui se dressait dans le temple. Un autel ainsi que de nombreux objets cultuels ont également été retrouvés dans la cour qui s'étendait devant l'édifice. Les archéologues ont identifié des poteries rituelles, des restes de calices ainsi que plusieurs figurines en terre cuite représentant des têtes humaines et des animaux attelés.

Ces vestiges ont été datés du IXe ou Xe siècle av. J.-C. et sont donc pratiquement contemporains du premier temple de Jérusalem. Leur présence sur un lieu de culte semble indiquer que malgré l'avènement et la pratique dominante du judaïsme, les autochtones conservèrent parallèlement certaines pratiques religieuses idolâtres. La persistance de cultes « païens » n'est d'ailleurs pas seulement évoquée par les découvertes archéologiques, mais également par la Bible. Le livre des rois précise en effet que Roboam et certains rois de Juda qui lui succédèrent firent « ce qui déplait à Yahvé ». Roboam « imita toutes les ignominies des nations que Yahvé avait chassées devant les Israélites ». Traduisez : le roi et une partie du peuple ne sont pas entièrement dévoués au judaïsme et se laissent aller à d'autres croyances.

Les vestiges découverts à Tel Motza atteste de l'existence de temples et d'enclos rituels dans la région de Jérusalem et probablement dans tout le royaume de Juda. Ces pratiques cultuelles antérieures au judaïsme furent probablement balayées par l'arrivée des troupes du roi babylonien Nabuchodonosor II au VIe siècle av. J.-C. et qui marqua la fin du royaume de Juda.

Légende photo

Vue sur la ville de Jérusalem - Photo Berthold Werner - 2008

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