Vendredi 23 février 2018

Le Pérou retire certaines de ses allégations à l’encontre de l’Université de Yale

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 12 mars 2010

NEW HAVEN (CONNECTICUT, ETATS-UNIS) [12.03.10] – Le Pérou a levé ses accusations contre l’Université de Yale dans un procès visant le retour d’objets inca pris sur le site du Machu Picchu il y a presque un siècle.

Le Pérou met fin à une procédure judiciaire qui l’opposait depuis 2008 à l’Université de Yale, dans laquelle elle exigeait le retour d’artefacts inca pris au début du siècle par un chercheur américain.

Diplômé de Yale et d’Harvard, professeur d’histoire et de politique à Harvard puis à Princeton, Hiram Bingham devint explorateur lors de son professorat dans cette dernière université. En 1911, il découvre la cité du Machu Picchu, site daté des années 1400 devenu aujourd’hui une des principales attractions touristiques du pays. Il ramena à l’université de Yale divers objets récoltés lors de ses missions entre 1911 et 1915.

Quelques cent ans plus tard, le Pérou intente un procès à l’université. Dans sa plainte, le pays l’accuse de fraude et d’intention de le tromper en promettant le retour des objets et d’avoir conspiré avec Bingham pour les garder illégalement. Le Pérou a également invoqué la violation par Yale de la loi péruvienne en exportant des objets sans l’accord du gouvernement. « Yale a exploité la collecte du Machu Picchu à des fins commerciales et financières au détriment des intérêts du peuple péruvien » précise la plainte.

Autre point de désaccord : le manque de clarté sur la nature des objets et la date de leur retour. Yale affirme que les objets pris sont composés « principalement de fragments de céramique, de métal et d’os ». Le Pérou soutient de son côté qu’il s’agit de matériaux inca en bronze et en or, de céramiques, de nombreux objets d’art, de momies, crânes et autres restes humains. Les plus importants n’ayant jamais été restitués.

Lors du procès, les avocats de Yale avaient précisé que les réclamations du Pérou violaient les règles de procédure civile et que ses revendications étaient basées sur des arguments dénués de fondements. L’université a également répondu que le Pérou était pleinement conscient qu’elle conserverait les artefacts.

En 2007, les œuvres devaient faire partie d’une exposition commune dans l’ancienne capitale inca, Cuzco, puis revenir au musée de la ville. Mais le Pérou se retira du projet en raison d’un différend sur la façon dont certains objets devaient lui être retournés.

Le retrait de six des dix-sept chefs d’accusation fait suite à la recommandation des nouveaux avocats du pays qui ont jugé cette initiative préférable pour faciliter la résolution de l’affaire.

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