Le Pérou réclame des œuvres de la collection Barbier-Mueller

Par Stefan Cornic · lejournaldesarts.fr

Le 1 mars 2013 - 484 mots

PARIS [01.03.13] – Le Pérou s’oppose à la vente chez Sotheby’s France d’une cinquantaine de pièces de la collection d’art précolombien Barbier-Mueller. Le Musée Barbier-Mueller et la maison de ventes restent sereins.

A quelques jours de l’ouverture de l’exposition précédant la vente de la collection Barbier-Mueller chez Sotheby’s les 22 et 23 mars 2013, le Pérou réclame la restitution d’une cinquantaine d’œuvres d’art en provenance du Pérou, sur les 313 lots de la vente.

« Nous ne sommes pas surpris »
nous a déclaré Laurence Mattet, directrice du Musée Barbier-Mueller de Genève. « Ce phénomène devient récurrent » précise-t-elle. A l’annonce de ventes aux enchères, de plus en plus de pays, et notamment d’Amérique du Sud en matière d’art précolombien, réclament des œuvres qui auraient été prises sur leur territoire il y a plusieurs décennies.

Le ministère de la Culture péruvien, selon la Tribune de Genève « fait valoir que, malgré des recherches, les autorités du pays ne disposent pas d’informations sur les circonstances de la sortie de ces pièces et de leur intégration dans une collection précolombienne privée ». Toujours selon le quotidien genevois, les autorités péruviennes invoquent « une loi interne de 1822 » qui interdit la sortie d’objets archéologiques du territoire national. Or, la base légale en la matière a été formulée par des conventions de l’Unesco, non rétroactives, et ratifiées par la France en 1997, selon Laurence Mattet. Le Pérou, pour la directrice du musée, invoque un « droit moral » et cherche à provoquer des sensibilités, dans un domaine où il n’est pas toujours possible de retracer la généalogie d’un objet.

Une collection largement exposée
Initiée en 1920 par le beau-père de Jean-Paul Barbier-Mueller, Josef Müller, cette collection est considérée comme l’une des plus importantes collections privées d’art précolombien au monde.

La collection Barbier-Mueller a fait l’objet d’une exposition itinérante à partir de 1992, de la Fondation Maeght de Saint-Paul de Vence au Palais Nadal de Barcelone où elle est restée pendant 15 ans. « Pourquoi une telle demande n’a-t-elle pas été formulée pendant cette période ? » s’interroge Laurence Mattet. Le musée municipal qui accueillait la collection depuis 1997 devait à terme l’acquérir. Toutefois, touchée par la crise en Espagne, la ville catalane n’a pas été en mesure de l’acheter.

La famille Barbier-Mueller, qui souhaite se concentrer sur ses collections d’art africain et océanien dans son musée de Genève, a alors décidé de mettre en vente chez Sotheby’s la partie de leur collection consacrée à l’art précolombien. A l’annonce de la vente de cette collection, la maison de ventes avait déjà organisé une exposition en septembre 2012 à Paris, à l’occasion de la manifestation annuelle « Parcours des Mondes ».

Sotheby’s, confiante, nous a indiqué qu’il n’y avait pas encore eu de demande officielle formulée par le Pérou. La maison de ventes, ainsi que le musée de Genève ont pris connaissance de cette réclamation, en lisant la presse helvétique.

Légende photo

Poteau des îles Salomon, Musée du Quai Branly, collection Jean Paul Barbier et Monique Barbier-Mueller - source Wikipedia

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