Vendredi 14 décembre 2018

Le Musée des beaux-arts d’Alger va bénéficier d’une aide de la part d’une association française

Par Margot Boutges · lejournaldesarts.fr

Le 15 février 2013 - 510 mots

PARIS-ALGER [15.02.13] - L’Association des Musées méconnus de la Méditerranée (AMMeD), créée par le financier Marc Ladreit de Lacharrière, met en lumière cette année le Musée des beaux-arts d’Alger, rendant notamment ses collections accessibles sur Internet.

L’Association des Musées méconnus de la Méditerranée (AMMeD) a choisi de promouvoir en 2013 le Musée des beaux-arts d’Alger.

L’AMMeD, créée en 2010 par Marc Ladreit de Lacharrière, « un des grands mécènes du Musée du Louvre », Président de l’Agence France Museums en charge du Musée du Louvre à Abou Dhabi et Sonia Mabrouk, journaliste sur la chaîne politique Public Sénat, sélectionnent chaque année un musée « méconnu » dans un des 25 pays composant le pourtour du bassin méditerranée afin de favoriser la diffusion de ses collections.

La sélection s’appuie sur un conseil scientifique composé de directeurs de musées des deux rives de la Méditerranée. Il est présidé par Henri Loyrette, directeur du Louvre. Le Palais du Baron d’Erlanger en Tunisie, qui abrite le Centre des musiques méditerranéennes, et le Musée archéologique de Thessalonique en Grèce, mis en lumière en 2011 et 2012, cèdent donc leur place en 2013 au Musée des beaux-arts d’Alger.

« Musée méconnu » n’est pas un titre usurpé pour ce musée inauguré en 1930, pourtant le plus grand d’Afrique. Son bâtiment a été endommagé par un attentat de l’Organisation de l’armée secrète à la veille de l’indépendance, en 1962. Plusieurs centaines de ses œuvres ont alors été transférées au Louvre avant d'être en partie restituées en 1968. Dans un contexte de troubles politiques, elles ne sortent aujourd’hui des murs du musée que pour des manifestations exceptionnelles, comme « Djazaïr : une année de l'Algérie en France », en 2003.

Le Musée, abrite pourtant des œuvres majeures du XIXe et XXe siècle, de mains françaises (Courbet, Degas, Renoir, Matisse et Pissarro) et algériennes (Baya et Khadda). Les collections orientalistes sont particulièrement développées. Les toiles de Delacroix rencontrent celles d’un de ses plus fervents disciples, Eugène Fromentin. Celui-ci a réalisé trois voyages en Algérie où il a puisé des modèles, notamment de cavaliers arabes, qu’il a réinterprété tout au long de sa carrière.

Au même titre que les musées tunisiens et grecs, l’institution algérienne bénéficiera d’un film documentaire de 56 minutes en partenariat avec Arte, d’un site Internet proposant visite virtuelle et numérisations de ses œuvres et d’un livre retraçant l’histoire du musée et des ses collections. Le financement est entièrement assuré par un mécénat privé bénéficiant notamment de l’apport de Carlos Ghosn (Renault), de Jean-Charles Naouri (Casino), de Françoise Meyers-Bettencourt (L'Oréal) et de Stéphane Richard (France Télécom), présidents d’entreprises où siège Marc Ladreit de Lacharrière.

Selon Sonia Mabrouk, le conseil scientifique du Musée du Louvre regarde du côté d’un musée espagnol pour sa sélection 2014 afin de respecter une alternance Nord/Sud. Interrogée sur les liens entre l’AMMed avec « Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la Culture », elle assure être sur le point d’entrer en contact avec l’association afin d’envisager un partenariat pour « promouvoir le dialogue et le rapprochement des peuples entre les deux rives de la Méditerranée ».

Légende photo

Musée des Beaux-Arts d'Alger, vu depuis le Jardin d'Essai du Hamma - © Photo Yelles - 2011 - Licence CC BY-SA 3.0

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