Mardi 10 décembre 2019

Le Masque de la Gorgone, retrouvé dans la maison du gendre de Ben Ali, a été authentifié

Par Doriane Lacroix Tsarantanis · lejournaldesarts.fr

Le 29 mai 2012 - 384 mots

ALGER (ALGÉRIE) [29.05.12] – Le procès de Sakher el-Materi, gendre de Ben Ali, s’était ouvert en décembre 2011. Parmi les pièces archéologiques découvertes dans sa maison en Tunisie, figurait Le masque de la Gorgone, objet de valeur inestimable qui avait été volé en Algérie sur le site antique d’Hippone, actuelle Annaba, en 1996.

Après la révolution tunisienne, des objets d’art et des antiquités provenant des principaux musées tunisiens avaient été retrouvés dans les résidences abandonnées de l’ancien président de la Tunisie, Ben Ali. Son gendre, Sakher el-Materi, a d’ailleurs été inculpé pour « trafic de pièces archéologiques, transfert illicite d’immobilier protégé, possession de pièces archéologiques non-déclarées, et fouille de ruines mobiles et fixes sans permis ».

Le Masque de la Gorgone fait partie du lot de pièces archéologiques retrouvées chez le gendre de Ben Ali et sert actuellement de « pièce à conviction » dans son procès. L’objet, qui vient d’être authentifié par des experts algériens, ornait jadis une fontaine publique de la ville antique d’Hippone. D’après le site Liberté, c’est un reportage réalisé dans le palais de Sakher el-Materi, à la suite de la chute du clan Ben Ali, qui a permis à l’ancien conservateur du musée d’Hippone, Saïd Dahmani, de repérer la tête de la Gorgone. L’AFP rapporte à présent que l’antiquité, qui vient d’être authentifiée par un groupe d'experts du ministère algérien de la Culture en mission en Tunisie, est en voie de restitution.

Le masque en marbre blanc a été mis au jour en 1930, lors de fouilles exécutées par l'archéologue français Choupaut, aux abords du forum de l'antique Hippone Regius. Volée en 1996 à Annaba (près de 600 km à l'est d'Alger), la pièce archéologique pèse 320 Kg et mesure environ un mètre de hauteur. Ainsi, pour le quotidien Liberté, « il était impossible que cet objet ait pris des ailes pour quitter l’Algérie sans qu’il y ait nécessairement des complicités locales ». Le journal explique que les services de sécurité ont même soupçonné l’existence d’un puissant réseau implanté à l’est du pays et que, compte tenu de la proximité de la frontière tunisienne, « beaucoup estimaient notamment à Annaba que nombre des pièces volées dans la région prenait la destination du pays voisin considéré, non sans raison d’ailleurs, comme une véritable plaque tournante du trafic d’objets archéologiques ».

Légende photo

Site antique d'Hippone en Algérie - © Photo Oris - 2010 - Licence CC BY-SA 3.0

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque