La défense des receleurs présumés d’œuvres de Picasso porte plainte contre la Picasso Administration

Par Doriane Lacroix Tsarantanis · lejournaldesarts.fr

Le 2 avril 2012 - 429 mots

MARSEILLE [02.04.12] – Me Charles-Etienne Gudin, avocat du couple de retraités soupçonnés d'avoir recelé 271 œuvres de Picasso, s’est expliqué sur la plainte pour tentative d'escroquerie au jugement qui vise la Picasso Administration. PAR DORIANE LACROIX TSARANTANIS

D’après Le Figaro, la plainte détaille sur 40 pages les « supposées manœuvres » de la Picasso Administration pour tromper l'autorité judiciaire. L’avocat du couple Le Guennec estime que « ce qui est en cause, ce n'est pas l'action en justice, ni la réclamation d'un droit prétendu (par la Picasso Administration), c'est la manœuvre ou la machination qui accompagne la présentation de ce prétendu droit ».

La découverte de 271 œuvres inédites de Picasso avait été révélée en novembre 2010 par le journal Libération. L’électricien Pierre Le Guennec soutenait avoir reçu en cadeau de Picasso ou de Jacqueline (sa dernière épouse), les tableaux, carnets et dessins, d’une valeur totale estimée à 60 millions d’euros. Il avait tenté d’obtenir des certificats d’authenticité pour ces œuvres auprès du fils du peintre (et administrateur de la succession) Claude Picasso, mais les héritiers et experts avaient alors décidé de porter plainte contre X pour recel.

En juin 2011, la directrice juridique de la Picasso Administration, Claudia Andrieu, avait révélé l’existence de contradictions accréditant la thèse du vol, telles que l’absence de signature ou de datation des œuvres, alors que depuis 1946, Picasso n’offrait que des œuvres récentes qu’il datait et signait.

Me Charles-Etienne Gudin, pour qui « l'argument de la signature ne tient pas », remarque que pour accuser ses clients de recel, il faudrait prouver le vol préalable et spécifique de leurs 271 œuvres. Il n’hésite pas à affirmer que l’institution « s'est arrogée le droit, jusqu'en 2043, d'authentifier les oeuvres et leur provenance, tout en ayant un intérêt à dire que leur origine est frauduleuse aux fins de les récupérer », mettant ainsi en cause l’objectivité de la Picasso Administration, « juge et partie ».

L’avocat de la partie adverse, Me Jean-Jacques Neuer, a quant à lui déclaré que : « ces gens sont venus à la Picasso Administration pour obtenir des certificats d'authenticité et maintenant ils lui dénient cette qualité, c'est surréaliste ». En juillet 2011, le couple Le Guennec avait aussi déposé auprès du Tribunal de grande instance de Grasse une contestation de la qualité de partie civile de Maya, Claude et Paloma Picasso, trois enfants nés hors mariage et reniés par leur père jusqu’à sa mort en avril 1973. La défense des époux dénonçait le caractère illégal de deux décisions ayant accordé aux enfants un droit à la succession du peintre.

Légende photo

Soshana, André Verdet, Picasso et Pignon lors du vernissage de l'exposition de Soshana au Chateau Grimaldi à Antibes en 1962 - © Photo : Fritz Schueller - 1962 - Licence CC BY-SA 3.0 

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