Dimanche 17 novembre 2019

Musée

XIXE SIÈCLE

Ornans se penche sur les dessins de Courbet

Par Élisabeth Santacreu · Le Journal des Arts

Le 11 avril 2019 - 452 mots

ORNANS

Le Musée Courbet présente une sélection de dessins du peintre, fruit d’un travail scientifique de catalogue.

Ornans. En 1957 et 1964 sont apparus des dessins inédits dans deux expositions consacrées à Gustave Courbet (1819-1877) par une galerie marseillaise. On les retrouvait, en 1984, dans une nouvelle exposition, « Les voyages secrets de Monsieur Courbet », présentée à la Kunsthalle de Baden-Baden, en Allemagne, puis à la Kunsthaus de Zurich, qui montrait 208 œuvres graphiques répertoriées par le grand historien de l’art allemand Klaus Herding. Dès ce moment, des spécialistes de Courbet contestèrent l’attribution de nombre de ces feuilles. Le retentissement de cette polémique dans le milieu de l’histoire de l’art eut pour effet de décourager toute recherche sur le sujet.

Les manifestations du bicentenaire de la naissance de Courbet se profilant, il était temps de reprendre le dossier de manière plus apaisée. C’est dans ce but qu’a été créée la « Société suisse pour l’étude de Gustave Courbet ». Parmi les membres de son comité scientifique figurent Laurence des Cars, présidente des musées d’Orsay et de l’Orangerie, et Dominique de Font-Réaulx, directrice de la médiation et de la programmation culturelle du Musée du Louvre. Le premier projet de recherche de la société (en 2017 et 2018), sous la direction de Niklaus Manuel Güdel, a consisté à « proposer une première réévaluation des dessins du peintre et à établir une vue d’ensemble de sa production graphique ». En résultent l’exposition présentée au Musée Courbet et une publication (Courbet, les dessins,éd. Les Cahiers dessinés, Paris, 2019). Un répertoire des dessins de Courbet devrait être mis en ligne en novembre.

« Notre première démarche, raconte Niklaus Manuel Güdel, commissaire de l’exposition, a été de désavouer les spécialistes qui avaient travaillé sur “Les voyages secrets de Monsieur Courbet”, en écartant 206 dessins sur ce corpus de 208. » Ensuite, il a fallu interroger les catalogues de ventes depuis le XIXe siècle ou encore les inventaires de tous les musées du monde pour en exhumer des « dessins fantômes ».« Par exemple, une œuvre sublime qui figure dans cette exposition, La Lecture (vers 1853) du Musée des beaux-arts de Tournai, qui n’a jamais été montrée en France ni publiée dans aucun ouvrage sur Courbet. » Et, poursuit le commissaire, « il reste la possibilité que des pièces majeures soient un jour retrouvées ».

Sont présentés plus de soixante dessins (dont des inédits) pour lesquels Courbet a usé de différentes techniques selon l’usage auquel ces feuilles étaient destinées, depuis les croquis jetés sur des carnets au cours de ses voyages jusqu’à ce qu’il nommait lui-même des « tableaux » : les grands fusains, tels Femmes dans les blés (1855), destiné à figurer dans ses expositions personnelles, ou Portrait de Marc Louis Bovy (1874) [voir ill.], l’un des derniers dessins connus du maître d’Ornans.

Courbet, dessinateur,
jusqu’au 29 avril, Musée Courbet, 1, place Robert-Fernier, 25290 Ornans.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°521 du 12 avril 2019, avec le titre suivant : Ornans se penche sur les dessins de Courbet

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