Modernité yiddish

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 23 février 2009 - 231 mots

À la fin des années 1930, deux tiers de la population juive mondiale, soit environ onze millions de locuteurs, parlent yiddish, langue vernaculaire des juifs ashkénazes depuis le Moyen Âge.

L’exposition « Futur antérieur » apporte un éclairage renouvelé sur la prodigieuse renaissance de la culture yiddish, de la fin du xixe siècle jusqu’à son tragique anéantissement par les nazis.
Mieux connue par la littérature, la modernité yiddish s’est également manifestée dans le domaine des arts graphiques. Deux cent dix œuvres de Lissitzky, Chagall, Tchaïkov, Ryback et d’artistes moins connus mais tout aussi remarquables, tels Sarah Shor ou Mark Epstein, nous permettent de découvrir l’émergence d’une féconde avant-garde artistique juive. Comme les autres modernismes qui émergent à la même époque en Europe de l’Est, celui-ci se nourrit de la confrontation entre les arts visuels issus d’anciennes traditions populaires et les avant-gardes occidentales.
Dans un monde agité par la révolution russe et le développement de l’autonomie culturelle, les trajectoires individuelles se meuvent dans des directions opposées. Des esquisses, des couvertures de livres et des illustrations rares permettent d’appréhender la vitalité de cette période : certains artistes se tournèrent vers le réalisme socialiste, d’autres, au contraire, vers le suprématisme ou le constructivisme.

A voir

« Futur antérieur, l’avant-garde et le livre yiddish, 1914-1939 », musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, hôtel de Saint-Aignan, 71, rue du Temple, Paris IIIe, www.mahj.org, jusqu’au 17 mai 2009.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°611 du 1 mars 2009, avec le titre suivant : Modernité yiddish

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