Vendredi 10 juillet 2020

Art moderne

Maurice Denis le printemps éternel

Par Annie Yacob · L'ŒIL

Le 18 mai 2012 - 395 mots

Giverny, lieu cultuel de l’impressionnisme, reçoit le théoricien du mouvement nabi, Maurice Denis (1870-1943), admirateur de Cézanne et de Monet. Le choix de L’Éternel Printemps, en cette période de l’année, célèbre autant le réveil de la nature qu’une thématique chère à l’artiste durant toute sa carrière.

Plus de quatre-vingts œuvres nous font découvrir ou redécouvrir un aspect peu connu de la production de ce grand peintre décorateur, amoureux de la nature. Surnommé « le nabi aux belles icônes », Maurice Denis, profondément croyant, a traité de façon symbolique le printemps, qui au-delà de la renaissance de la nature exprime la première saison de la vie et, par extension, l’initiation à l’amour.

L’exposition se décline en cinq sections. La première a pour sujet la forêt de Saint-Germain-en-Laye, où l’artiste aimait se promener seul pour y trouver l’inspiration et en extraire les qualités décoratives pour ses œuvres. La deuxième concerne les tableaux religieux auxquels Maurice Denis a apporté un nouvel élan qu’il a puisé dans sa propre foi et chez les peintres italiens de la Renaissance, comme Fra Angelico, Botticelli ou Raphaël. Le thème de l’Annonciation, qui coïncide avec le début du printemps, l’emporte dans ses choix inspirés par les fêtes du calendrier liturgique de cette saison. La troisième, intitulée « Le printemps dans l’âme », présente pour la première fois les trois plafonds peints entre 1894 et 1899 pour l’hôtel particulier du musicien Ernest Chausson à Paris. Dans ces compositions lumineuses et ascensionnelles, Maurice Denis allie à la peinture et à la musique la poésie de Dante. Dans la quatrième, le printemps est naturellement rattaché à la Femme et à l’Amour.
En 1890, il fait la connaissance de Marthe Meurier, qui devient son épouse et sa muse. L’exposition montre dans son intégralité une série de lithographies dédiées aux « Amours de Marthe », exécutées entre 1892 et 1899. Enfin, la dernière section dévoile le décor de L’Éternel Printemps, réalisé pour la salle à manger de la maison de Gabriel Thomas, à Meudon, en 1908. Les dix panneaux résument aussi bien toute la pensée de Maurice Denis à propos des amours sacrées et profanes, issues de la même conception de l’amour de Dieu, que celle de son art parvenu à une synthèse entre l’impressionnisme et le symbolisme, c’est-à-dire le « néotraditionnisme ».

« Maurice Denis, l’éternel printemps », Musée des impressionnismes, 99, rue Claude-Monet, Giverny (27), www.mdig.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°647 du 1 juin 2012, avec le titre suivant : Maurice Denis le printemps éternel

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