Martin Barré et ses épigones

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 juin 2006 - 261 mots

Voilà treize ans, la peinture perdait l’un des siens – et non des moindres. Un peintre rare et discret, figure majeure d’une abstraction géométrique non point froide et analytique, mais tout en sensibilité à fleur de surface. Né à Nantes en 1924, Martin Barré s’était engagé dès les années 1950 sur la voie exigeante et radicale d’une peinture ne faisant aucune concession à l’anecdote.
Très tôt qualifié de « Mondrian humanisé », Barré développa quelque quarante années durant une œuvre rigoureuse qui ne se privait toutefois d’aucune expérimentation. Toutes les possibilités du plan, de l’espace, de la trace, du geste, des transparences et du modulable y ont été mises à l’épreuve. Expérimentation matérielle aussi dans l’usage direct du tube de couleur, de la bombe aérosol, du crayon dans la peinture elle-même.
Quoiqu’il ne fût pas du genre à faire école, Martin Barré imposa un style, voire une attitude, que certains artistes partagèrent et qui firent référence aux yeux de nombreux jeunes. C’est dire si l’initiative de la galerie Obadia de lui rendre hommage en vue de défendre certaines « Idées de la peinture » est juste et méritoire.
Réunies autour de quelques œuvres de Martin Barré, les peintures de Mangold, Bonnefoi, de Keyser, On Kawara, Halley, Oehlen, Piffaretti, Pinaud et Wool témoignent de toutes sortes de croisements complices. Elles témoignent surtout du rayonnement subtil et radieux de la démarche de leur aîné.

« Idées de la peinture – Hommage à Martin Barré », galerie Nathalie Obadia, 3 rue du Cloître Saint-Merri, Paris IVe, tél. 01 42 74 67 68, jusqu’au 20 juillet.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°581 du 1 juin 2006, avec le titre suivant : Martin Barré et ses épigones

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