Vendredi 19 octobre 2018

Emballement médiatique autour de la collection Chtchoukine à la Fondation Vuitton

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 25 octobre 2016 - 649 mots

PARIS [25.10.16] - Ouverte au public le samedi 22 octobre, l’exposition « Icônes de l'art moderne » suscite un engouement inhabituel. Bernard Arnault, d’habitude discret dans les médias, a été très présent ces derniers jours sur les plateaux TV et les antennes radios.

Jusqu'au 20 février 2017, 127 chefs-d'œuvre de la collection Chtchoukine, dont certains n’étaient jamais sortis de Russie, sont exposés à la Fondation Louis Vuitton. Ouverte au public samedi 22 octobre, l’exposition « Icônes de l'art moderne » suscite un engouement inédit de la part du public, des médias, et même de la ministre de la Culture et de la Communication, qui a fait état d’ « une entreprise titanesque pour une exposition éblouissante ».

D’habitude discret à la télévision et à la radio, Bernard Arnault, propriétaire et président de LVMH, est sorti de son silence médiatique à l’occasion de cette « exposition-évènement ». Invité dimanche 23 octobre au JT de 20 h sur France 2, l'homme d'affaires à l’origine de la Fondation Vuitton a fait part de ce « rêve devenu réalité ». Interrogé par Laurent Delahousse sur l’incident diplomatique entre François Hollande et Vladimir Poutine (l’exposition devait à l’origine être inaugurée par les deux présidents, mais à la suite d’un désaccord relatif au contenu de leurs rencontres, Poutine n’a pas fait le déplacement), il a estimé qu’il ne lui appartenait pas de juger la politique et a préféré s’exprimer sur la proximité de la culture française et russe qui « dépasse toutes les difficultés du moment ». Une opportunité pour souligner que « la culture et l’art sont plus forts que la politique ».

Le 21 octobre, à la veille de l’ouverture de l’exposition, c’était Jean-Pierre Elkabbach qui recevait l’homme d’affaires sur Europe 1. Le 19 octobre, sur France Inter, l’émission de Jean Lebrun - « La marche de l’histoire » - était consacrée à la Sergueï Chtchoukine (1854-1936) ; le lendemain, l’équipe du 7/9 de Patrick Cohen était réunie pour une matinée spéciale en direct de la Fondation Louis Vuitton avec Anne Baldassari, la commissaire de l'exposition (et ancienne directrice du musée Picasso), André-Marc Delocque-Fourcaud, petit-fils du collectionneur Sergueï Chtchoukine et Alexandre Melnik, ancien diplomate soviétique à Moscou et professeur de géopolitique à l'ICN Business School comme invités.

Le 14 octobre, Bernard Arnault, qui a commencé à collectionner au début des années 80, se confiait à l’antenne de RTL. Invité par Yves Calvi dans l’émission « Laissez-vous tenter », il expliquait comment il a réussi le pari de réunir la collection Chtchoukine: « il y a trois ans, Jean-Paul Claverie était en contact avec le petit-fils de Chtchoukine pour tenter de rassembler cette collection à Paris. Puis nous avons eu trois ans pour convaincre le Musée de l’Ermitage et le Musée Pouchkine et ensuite les autorités russes pour laisser sortir la collection ». Le patron de LVMH révélait à cette occasion qu’il a rencontré Poutine « lorsqu’il était venu au début des années 2000 et qu’il avait voulu visiter Cheval Blanc (le domaine viticole de Saint-Émilion propriété de Bernard Arnault) ».

Entre 1898 et 1914, Sergueï Chtchoukine, précurseur et visionnaire, a constitué une collection de 274 œuvres dont des œuvres de Picasso, Matisse, Gauguin, Monet, Cézanne, Degas, Courbet, Braque, Vuillard. Nationalisée en 1918 après la Révolution, négligée par les Bolcheviques, menacée d’être brûlée par Staline, puis séparée entre le Musée de l’Ermitage et le Musée Pouchkine, la collection a été malmenée au cours du XXe siècle et c’est la première fois qu’elle est réunie.

Un million de visiteurs en quatre mois sont attendus pour l’exposition « Icônes de l’art moderne », soit la capacité maximum d’accueil de l’édifice conçu par Frank Gehry. Depuis son ouverture le 22 octobre 2014, un peu plus de deux millions de visiteurs ont visité la Fondation Louis Vuitton, dirigée par Suzanne Pagé et Sophie Durrleman, malgré une baisse de 25 à 30 % de la fréquentation depuis les attentats.

Légende photo

Vue installation salle 7 © Succession Picasso 2016 pour l'oeuvre de l'artiste © Sucession H. Matisse pour l'oeuvre de l'artiste © ADAGP, Paris 2016 pour l'oeuvre d'André Derain. Photo Fondation Louis Vuitton / Martin Argyroglo.

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